Brussels Airlines dans Star Alliance : de nouveaux horizons, enfin
Brussels Airlines est officiellement membre de Star Alliance depuis mercredi dernier : en rejoignant l’alliance aérienne qui compte déjà le plus grand nombre de compagnies, elle s’installe ainsi, enfin, dans la cour des grands.
Menées tambour battant si l’on y songe, les négociations n’auront guère pris qu’une année pour régler d’insignifiants détails comme l’harmonisation des procédures, notamment informatiques… Un exploit ! Auquel l’arrivée de Lufthansa, l’un des poids lourds de l’alliance, dans le capital de la compagnie belge n’aura certainement pas été étranger.
Alors que SN Brussels Airlines ― l’appellation, à ses débuts, de l’héritière de la Sabena ― privilégiait les accords bilatéraux, il ne fait aucun doute que cette adhésion ouvre à la compagnie belge de nouveaux horizons. Elle va indubitablement profiter de l’apport de passagers de la part de ses consœurs pour emmener ceux-ci vers toutes les destinations qu’elle dessert.
On attend par exemple avec intérêt l’arrivée d’Air Canada, qui doit ajouter Bruxelles à son catalogue dès l’été prochain. A l’inverse, les autres membres de Star Alliance ― à commencer par Lufthansa ― ne manqueront pas de tirer parti du réseau africain de la compagnie belge, qui a toujours suscité les convoitises.
La situation centrale de Bruxelles en fait désormais une nouvelle tête de pont pour l’alliance, idéalement située en complément aux axes Londres-Madrid de oneworld et Paris-Amsterdam de Sky Team. Pour les stratèges de Star Alliance en tous cas, il ne fait pas de doute que Bruxelles va devenir un de ses « hubs ».
Grande dis’
L’accueil d’un nouveau membre dans Star Alliance est un événement qui donne toujours lieu à une série de moments festifs, à charge du nouvel entrant, et d’une cérémonie tout ce qu’il y a de plus protocolaire.
Quels décors plus prestigieux que la Grand Place de Bruxelles et les salles gothiques de l’hôtel de Ville pouvaient mieux leur servir de cadre ? Disons-le sans ambages : Brussels Airlines a réussi l’épreuve avec grande distinction. Pour le dire crûment, les présidents des compagnies, chacun escorté par une de ses hôtesses, en ont pris plein la vue ! Avant de savourer le speech de Freddy Thielemans, dans un anglais ― l’une parmi la demi-douzaine de langues qu’il parle couramment ― à faire pâlir un comédien shakespearien…
Et pourtant, dans cette belle « grande famille » de Star Alliance, que de rancœurs, d’inimitiés, de détestations ! Pas question que le président de la compagnie Y se retrouve à côté de celui de la compagnie Z ! Ce ne fut donc pas le moindre mérite du maître de cérémonies d’avoir organisé sans faute le ballet des présidents, et notamment de les avoir assis en évitant tout conflit de voisinage…
On n’a que trop souvent eu l’occasion de critiquer la compagnie nationale sur d’autres plans pour ne pas rendre cet hommage aux artisans de ce qui restera comme un des grands moments de son histoire.
Claude Boumal