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Belgique

Une Expo Internationale à Liège en 2017 : une candidature ambitieuse … mais qui n’est pas jouée d’avance.

12 juillet 2011

On l’a appris à la TV et dans la grande presse : le 14 juin dernier, Yves Leterme a été présenter officiellement, au siège du Bureau international des Exposition (BIE) à Paris,  la candidature de la ville de Liège pour abriter la première grande exposition internationale pour laquelle le millésime n’a pas encore été pourvu : l’année 2017.

Une expo universelle et une internationale, c’est pas la même chose

D’abord un rappel utile pour nos lecteurs. Le BIE est une institution reconnue par les Nations Unies, où sont représentés 157 Etats siégeant à l’ONU. Elle règle les deux types de grandes expositions internationales organisées dans le monde, depuis la toute première qui eut lieu en 1850 à Londres : les expositions « universelles » et les « internationales ».

Le principe juridique de ces expositions est simple : c’est un Etat (un « Etat-nation », pas un Etat fédéré)  qui jouit d’un  prestige international, qui invite tous les autres Etats du monde (en sus des organisations internationales)  à venir exposer chez lui ce qu’ils ont à dire, à montrer ce qu’ils ont de meilleur, et cela en regard d’un  thème déterminé choisi en concertation entre le candidat et le BIE.

Les expositions universelles

Elles se tiennent en principe tous les cinq ans (avec des périodicités interrompues ou perturbées à la suite des conflits internationaux). Elle peuvent revêtir l’ampleur la plus large possible (en étendue territoriale, en infrastructures, en capacité d’accueil). Chaque pays ou institution vient avec son propre projet de pavillon qu’il réalise à ses propres frais et l’on assiste alors à une compétition architecturale exceptionnelle entre participants…qui peut aussi conduire à  de décevants patchworks de pierres et de béton.

Elles ont une durée de six mois. La dernière en date est celle de Shanghai 2010, avec 73  millions de visiteurs, la première en date depuis l’après-guerre fut celle de Bruxelles 1958 avec 42 millions de visiteurs.

Dans l’intervalle il y eut notamment Montréal, Séville, Lisbonne, Hanovre (2000), Aïshi (2005). La prochaine aura lieu en 2015 à Milan. Pour 2020 rien n’est décidé mais des candidatures sont introduites : Ayutthaya en Thaïlande (dont Pagtour a déjà parlé) et des villes du Brésil et de Russie.

Les expositions internationales

Celles-ci ont exactement les mêmes objectifs, avec quelques différences : elles ont lieu dans l’intervalle entre deux expos « universelles » (en général tous les trois ans), elles ont une durée réduite à trois mois, leur superficie ne peut excéder 25 hectares, l’infrastructure publique et d’exposition est construite et appartient à la ville qui invite (et qui a la possibilité de la réaffecter à d’autres usages après l’exposition).

La dernière en date fut celle de Saragosse (2008), la prochaine sera celle de Yeosu, en Corée du sud (2012)

Prochaine échéance non attribuée : 2017. Choix définitif du candidat : le 10 décembre 2011. Candidatures reçues à ce jour : Liège et Astana (capitale du Kazakhstan).

Liège a l’expérience voulue

Liège n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’elle a accueilli une exposition universelle en 1905 et une internationale – qui fut un four en raison de la proximité de l’entrée en guerre de l’Allemagne – en 1939.

Apparemment, Liège sous-estime les chances d’Astana, considérée avec une certaine naïveté comme une « candidature exotique »…alors qu’elle est la capitale du Kazakhstan, l’une des premières puissances énergétiques au monde, un géant émergeant dont les principaux appuis, investisseurs et clients, ne sont autres que la Chine et la Russie…

Politique en Belgique rime avec communautarisation           

Les deux grands « supporters opérationnels » de la candidature de Liège Expo 2017 sont Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège, et Jean-Christophe Peterkenne, coordinateur et facilitateur du projet, fonctionnaire à la ville de Liège, « lieutenant » du premier. Celui-ci vient de succéder à ce poste à une brillante « outsider » venue de chez Mc Kinsey, laquelle a déjà démissionné après neuf mois de travail … « en raison de la politisation du dossier ».

Une politisation qui n’est pas seulement locale…mais également institutionnelle belge. En effet pour être admise, la candidature de Liège doit être approuvée aussi…par tous les parlements et gouvernements du pays, en ce compris ceux de la Flandre

(NDLR : et connaissant la haine que porte certains partis flamands à la Belgique, rien ne dit qu’ils ne bloquent le dossier rien que pour emm… les Wallons. Ou alors qu’ils proposent une négociation démocratique style tu fais ce que je dis et tu obéis »).

Au sein de ces derniers on ne trouverait guère comme supporters, outre Yves Leterme, que les Limbourgeois parce qu’ils attendent d’autant plus de retombées économique de l’initiative liégeoise qu’elle serait localisée en bordure du canal Albert, sur le site de Coronmeuse, qui abrita naguère l’expo de 1939.

Camille Vermont

(Article prochain: les atouts de Liège)

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