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Transport, tourisme, mobilité, qu'en sera-t-il demain? (deuxième partie)
13 mars 2011
Pour prendre son billet acheter son voyage, il faudra accepter les produits et décisions pris à Paris, Londres, Dublin mais plus à Bruxelles....
Une observation approfondie des moyens de transport et de voyage montre que dans la majorité des cas les centres de décision des entreprises dépendent directement non pas de sociétés établies en Belgique mais en dehors des frontières du Royaume.
Mais avant tout, il faut noter que nous ne sommes pas contre l’européanisation des affaires. Ce que nous voulons montrer c’est, qu’avec les années, les centres de décision du secteur des déplacements, de voyages et de la mobilité ont quitté le pays.
Inventaire à la Prévert ou à la Nino Ferrer
Le tourisme
Si l’on observe les opérateurs touristiques en Belgique, c’est très simple à plus de 80 % les groupes dépendent de l’étranger : Allemand ou Anglais (cela dépend si l’on regarde les actionnariats ou les sièges sociaux opérationnels) : Tomas Cook et TUI Belgium avec leurs filiales respectives, Français avec le Club Med, BT Tours, Suisses Kuoni et Best Tours, Lagrange, … Luxembourgeois avec Voyages Léonard (dans sa branche TO), …
L’aérien
Brussels Airlines dépend à un peu plus de 40 % de la Lufthansa mais il est prévu une intégration totale de la compagnie aérienne allemande, la seconde compagnie en importance opérant en Belgique, Ryanair, est irlandaise, Jetairfly est anglo-germanique comme Thomas Cook Airlines. Quant à la VLM, après avoir été hollandaise elle a été absorbée totalement par la compagnie CityJet propriété d’Air France
Les aéroports sont australiens (Zaventem), avec des capitaux importants italiens chez BSCA ou français à Liège Bierset Airport.
Les chemins de fer
Si la SNCB est encore bien de chez nous, il ne faut pas oublier que la libération du rail va logiquement changer la donne Par contre, Thalys est quasi française et Eurostar franco britannique (ceci bien que la SNCB soit actionnaire dans ces deux compagnies : 5 % dans Eurostar aux côté de la SNCF (55 %) et L@ CR (40 %) et dans Thalys (62 % SNCF, 28 % SNCB et 10 % Deutsche Bahn).
Le maritime
Il n’existe plus de compagnie de transport de passagers ou de ferries, depuis la disparition de la RVM avec ses malles Ostende – Douvres et la fin des paquebots mixtes vers l’ancien Congo Belge. Seule compagnie maritime encore nationale et de taille internationale, la CMB héritière de l’ancienne Compagnie Maritime Belge du Congo.
Il ne reste plus de vraiment Belge que les quelques bacs qui comme à Mariekerke traversent l’Escaut ou des passeurs d’eau plus ou moins folkloriques.
Les compagnies de bus
Si la grande majorité des bus, comme nous l’avons vu dans notre article précédent, appartiennent encore à De Lijn et aux TEC, il faut cependant noter que plus de 60 % des bus privés donnés en location à ces deux régies appartiennent soit à Veolia, soit à Keolis deux groupes français.
Comme nous l’a expliqué l’une de nos sources, « Le jour où ces deux groupes atteindront une taille encore plus critique, ils imposeront leurs conditions financières à De Lijn et aux TEC. Par exemple, ils pourraient exiger la même rémunération au km parcouru que celle qui est payée au GD Luxembourg »
Mais comment en est-on arrivé là ?
On peut considérer qu’il existe trois grandes raisons à ces effacements. La première se situe dans les erreurs de gestion comme, dans les groupes TO, Sunair ou plus récemment Intermed et Best Tours. La seconde, se retrouve au niveau des reventes dues soit à ce qui est mis sur la table (formation du groupe Thomas Cook), soit à des problèmes de succession (Jetair, Binche Tourisme, Voyages Léonard)
Enfin et c’est ce qui nous semble l’une des raisons de fonds parmi les plus importantes, se situe dans la régionalisation et la communautarisation effrénée du pays. La responsabilité des hommes politiques et surtout des membres des partis régionalistes ou séparatistes est énorme en la matière.
Prenons par exemple le cas d’Eurobussing. Ce groupe bus et car avait été créé pour justement obtenir une taille suffisante pour pouvoir résister à l’arrivée des grands du secteur. Avec le fractionnement de la Société Nationale des chemins de fer Vicinaux en deux entreprises indépendantes ayant chacune leurs méthodes de gestion, au lieu de s’allier dans Eurobussing, elles ont préféré rester chacune chez elles et donc empêcher la mise en place d’un groupe important. Aujourd’hui, Eurobussing appartient à Keolis….
En réalité en matière de transports, de mobilité et de voyages, il est indispensable que les entreprises disposent d’un socle national fort et plus ou moins protégé pour pouvoir résister et s’exporter. Il est totalement erroné de dire que les petits pays ne peuvent jouer dans la cour des grands. Prenez le cas de Kuoni, de Ryanair, …
La Belgique va sans doute, un jour, se séparer. Mais ce jour-là, nos hommes politiques, englués jusqu’à présent dans les problèmes communautaires, ne seront plus, en ce qui concerne l’économie, que des sortes de syndics d’immeuble qui gèrent pour le compte et sur les instructions de propriétaires situés à l’étranger l’économie du pays.
Mais, peut-être, l’industrie des gaufres sera préservée… quoique ….Côte d’Or, Callebaud, Jacques ….
Michel Ghesquière
(sur base des informations fournies par Hermes et Whipster)
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