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Thomas Cook

Thomas Cook, le feuilleton continue

14 décembre 2011

Nous ne ferons pas un résumé des résultats financiers officiels qui viennent d’être rendus public par le groupe Thomas Cook à Londres. Pour ceux que cela intéresse, nous publions intégralement ceux-ci ainsi que le communiqué de Thomas Cook Belgique.

Mais ce qu’il faut retenir…

Si Thomas Cook Belgique-Luxembourg a réussi à passer le cap et même à dégager des bénéfices, contrairement à ce que notre confrère Tourmag, a publié et qu’il en est de même pour Thomas Cook Hollande, c’est que la qualité de la gestion de ces deux filiales a été impeccable.

Si l’administration de l’ancien boss en France, Denis Watthier, a mené à une perte opérationnelle de 13 millions d’euros dans l’hexagone, par contre, en Belgique, il se susurre que le bénéfice aurait connu un accroissement de l’ordre d’une trentaine de pour-cent pour le même exercice.

La crise arabe est un faux prétexte

Face aux révoltes arabes, aussi bien le BeLux que les Pays-Bas ont immédiatement corrigé le tir et redirigé, autant que cela se pouvait, les touristes vers les îles espagnoles (Canaries et Baléares) et vers la Grèce. Contrairement à la France, Thomas Cook Belgique n’a pas voulu forcer le destin en cassant les prix et en voulant imposer une politique tarifaire effarante aux hôteliers tunisiens.

Il est frappant de constater que si les hébergeurs de Tunisie sont en pleine révolte envers Thomas Cook France, il n’en est pas de même vis-à-vis de la filiale Belge. Nous avons ainsi rencontré lors de BTExpo la responsable commerciale d’un hôtel d’Hammamet qui nous a expliqué que son établissement allait prospecter de manière active le marché du royaume. Tandis qu’un autre nous déclarait qu’il venait en Belgique « Pour compenser les pertes engendrées par Thomas Cook France qui l’avait mené au bord de la faillite »

Des produits inadaptés

Si la France a flopé c’est que les produits Thomas Cook ne correspondaient plus au marché

C’est toujours le même refrain : les TO qui se battent sur les prix pour contrer les ventes indirectes sur Internet font fausse route. N’importe quel homme de marketing vous expliquera que l’on trouve toujours moins cher un jour ou l’autre et que les clients qui achètent uniquement en fonction des tarifs les plus bas ne sont jamais fidèles.

Pire, cette notion élémentaire de gestion commerciale n’a pas été comprise par les pontes parisiens du groupe puisque le TO haut de gamme (Jet Tour- le pendant en France de Pégase) s’est lancé à son tour dans une politique de prix bas avec une baisse qualitative conséquente.

En Belgique par contre, la direction actuelle s’étant rendu compte du changement des mentalités des consommateurs, a modifié en profondeur sa politique produit et a décidé de se positionner de plus en plus comme multispécialiste tout en gardant des produits basiques.

La grandeur du pays : pas une excuse !

Nous réfutons totalement l’explication des Français sur la grandeur du pays. L’un des arguments répétitifs des cadres français est de dire que le marché français n’est pas comparable à celui de Belgique et des Pays-Bas et ce pour une raison : la grandeur du pays. Argument qui ne tient pas la route si l’on songe qu’en Allemagne les grands TO parviennent à se maintenir. Pourquoi ? Tout simplement car les Allemands construisent et adaptent leurs productions en fonction des régions qui composent la République Fédérale.

Par contre l’argument de dire que les Français voyagent et prennent leurs vacances surtout en France est tout à fait exact. Et à notre avis, cela risque  même de s’amplifier avec la montée en force des TGV qui élargissent de plus en plus leur offre vacancière.

L’Ouest une région à part entière

Enfin il faut souligner que le groupe restructure également son organigramme général en séparant en deux la zone East West. En pratique cela signifie que l’Est de l’Europe va dépendre de l’Allemagne tandis que le Benelux et la France passent sous la tutelle de la directrice hollandaise Duin Hoven. Preuve s’il en est du pragmatisme du groupe.

La crise économique.

Laissons la France de côté et tournons-nous vers la Grande-Bretagne. Dans le cas des Anglais, la principale cause de l’effondrement des ventes (aussi bien chez TUI que chez Thomas Cook) se situe dans la crise économique profonde que le pays traverse et la baisse très forte du pouvoir d’achats des Britanniques.

Mais l’histoire a montré que les sujets de Sa Majesté ont déjà traversé pas mal de crises. Face à celles-ci, ils ont toujours réussi à faire le gros dos et prendre les décisions nécessaires durant les moments durs pour se relancer dès que le soleil revient.

C’est ainsi que le groupe a décidé de pratiquer un bain de sang social de grande envergure en ferma, t pas moins de 200 points de vente et en licenciant massivement des centaines d’employés.

Michel Ghesquière

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