Destinations
Si le tourisme spatial a son premier TO (Virgin Galactic), d'autres se profilent
13 décembre 2011
Pour le tourisme de science-fiction, il y a le Futuroscope de Poitiers ou la Cité des Sciences à Paris, mais ne nous parlez pas des voyages en « capsules spatiales », c’est du rêve : tel est le propos de la plupart des T.O. qui ont les deux pieds sur terre.
Eh bien qu’ils se détrompent ! Le CNES (Centre national – français – d’études spatiales), une institution très sérieuse qui accompagna l’Agence Spatiale Européenne (ESA) dans ses premiers pas, a abordé le problème à l’occasion de la célébration, en présence du premier ministre français François Fillon, il y a quelques jours à Paris, du 50e anniversaire de sa création. Et cela ne s’est fait, en grandes pompes du reste, ni au Futuroscope ni à la Cité des Sciences mais…au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) hébergé dans un ancien monastère implanté au cœur de Paris.
Le tourisme spatial? Une activité artisanale en devenir
Car oui, la conquête spatiale et toutes ses applications dérivées lucratives, à commencer par le lancement et la commercialisation des satellites géostationnaires, mais aussi – car le pas est désormais franchi – le tourisme spatial, sont considérés non plus comme un volet très pointu de la recherche appliquée…mais comme une activité artisanale en devenir.
A l’occasion de ce jubilé parisien, le tourisme spatial a donc fait l’objet d’une étude prospective très réaliste, due à M. Didier Vassaux, dont Pagtour vous livre ici les points forts.
Ce n'est plus une utopie
Le premier d’entre eux est le fait que cette « activité » a quitté le stade de projet, puisque un petit nombre de passagers privés, qui ont payé le « ticket » de leur poche, ont déjà pu voler à bord du vaisseau aérospatial « SpaceShip 2 » développé par la compagnie Scaled Composite et promu par l’opérateur Virgin Galactic.
D’abord définir l’activité.
Pour pouvoir affirmer qu’on a fait du tourisme spatial il faut avoir évolué dans un vaisseau navigant à une altitude de plus de 100 km au dessus de la surface du globe.
Comment qualifier ces prestations ? D’abord, et au cours d’une première phase ce sera même l’activité principale, comme « baptême spatial », soit le fait d’avoir évolué à bord revêtu d’un scaphandre de cosmonaute, pendant un temps déterminé en état d’apesanteur. Ce sera la « prestation basique ».
Pour les « mordus » qui disposeront des fonds nécessaires
Pour les « mordus » (et surtout ceux qui disposeront des fonds nécessaires), on parlera de « croisière » : pas question bien sûr d’accoster sur un aérolithe, une planète autre que la terre ou même, du moins dans un avenir rapproché, dans une stations orbitale : le « croisiériste spatial » pourra tester les divers services du « vaisseau » et admirer, non plus des côtes maritimes et des rivages insulaires, mais « l’orange bleue » mouvante que constitue visuellement notre planète lorsque nous la contemplons depuis le hublot d’un vaisseau spatial.
Les promoteurs américano-russes de ce tourisme d’un genre nouveau proposent des vols orbitaux à bord de la capsule « Almaz » développée par l’armée russe à partir des années 1980 (une sorte de petit « Apollo »).
Sans oublier SpaceX
La société californienne SpaceX développe pour sa part des lanceurs dont la fiabilité et le faible coût permettront de promouvoir des séjours plus longs en orbite, voire des vols suborbitaux intercontinentaux se déplaçant à une vitesse de dix kilomètres par seconde, mais permettant de consacrer plus de temps à l’observation de la terre.
Les motivations des tourismes du futur
Encore faut-il identifier les motivations réelles des futurs touristes de ce type…et leurs capacités financières.
Les experts russes, s’appuyant sur l’extrême sécurité du système Soyouz, mettent en vente des séjours orbitaux pour environ dix millions d’euros (prix forfaitaire par personne et par PAX, toutes taxes comprises)…ce qui reste pharamineusement cher mais est justifié par le fait que ces capsules ne peuvent emporter qu’un « touriste » par vol.
Mais les Russes prévoient la possibilité, pour ces touristes d’exception, d’accéder à bord de la station spatiale MIR voir même de la station spatiale internationale.
Les quelques personnes qui ont déjà pu tester ce genre de « croisières » (dont le fondateur du Cirque du Soleil) se sont toutefois refusées à se présenter comme « touristes » mais bien comme « philanthropes porteurs d’un message humanitaire » ou comme « expérimentateurs scientifiques ».
Conclusion de l’analyste du CNES
« Ces projets interpellent la communauté spatiale car, en cas de succès, ils provoqueraient une multiplication des volumes d’activité et une mobilisation à des fins privées des ressources spatiales, telles que les bases de lancement ou même la détermination des orbites ou des fréquences de lancements »…
Un sujet qui n’est pas traité à ce jour dans les accords internationaux sur l’utilisation de l’espace.
Camille Vermont
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