Login

Pagtour

Sabena 2 La joie des autres compagnies

23 avril 2009

Dans Trends le 8 novembre

 

La disparition de la Sabena, une bonne nouvelle … pour les autres compagnies

 

 

Nous écrivions le 11 octobre que les autres compagnies avaient tout intérêt à voir disparaître la Sabena, les évènements de la semaine passée nous montre que nous avions tout à fait raison. Trois exemples : le Maroc, la Turquie et Air Afrique

 

 

 

Air France au sauvetage d’Air Afrique

 

 

 

Comme condition informelle à la reprise et au sauvetage d’Air Afrique, Air France a demandé de manière insistante aux différents Etats africains actionnaires de la compagnie africaine de ne plus accorder de droits de trafic à d’autres opérateurs. Et donc de se réserver l’exclusivité des lignes pour elle ou pour Air Afrique. D’après nos sources, le Sénégal et plusieurs autres pays ont refusé cette condition: il en allait de leur souveraineté. Lorsque nous avons voulu vérifier cette information auprès de la compagnie française, il va de soi que celle-ci, embarrassée, l’a démentie en partie. Notre contact parisien a exigé l’anonymat complet avant d’expliquer : « Nos interlocuteurs ont mal compris.

 

Ce que nous souhaitions c’est que notre compagnie et Air Afrique puissent choisir, en priorité, les créneaux horaires ». En d’autres termes, ne laisser aux autres que les miettes… N’empêche il est étonnant de constater que si British Airways a montré un intérêt réel à la reprise des liaisons africaines de la Sabena au départ de Bruxelles, la compagnie française a brillé par son absence. Mieux est, l’une de nos sources, proche du dossier, nous a expliqué :  «Vous devez comprendre que depuis un an, dans le secteur aérien tous les coups sont permis. Air France, c’est l’Etat Français avec tout ce que cela comporte de néo-colonialisme. La Sabena, pour l’Afrique noire francophone, c’est la seule alternative de désenclavement aérien pour plusieurs de ces pays. Il est donc évident qu’Air France et donc son actionnaire de référence utilise tous les moyens pour éliminer la concurrence vers ces pays. » 

 

 

 

Fermeture de la ligne de Casablanca

 

 

 

Curieusement la ligne de Casablanca passe à la trappe. Motif : elle ne serait pas rentable. Etonnant lorsqu’on sait qu’il y a un an, la Sabena annonçait que c’était l’une de ses lignes méditerranéenne parmi les plus rentables. De l’aveu même du directeur de Royal Air Maroc à Bruxelles, les avions belges ont un meilleur taux d’occupation que les siens. Mieux est, la compagnie chérifienne est obligée de chartériser certaines de ses rotations estivales pour remplir ses sièges.

 

La compagnie marocaine a littéralement été mise devant le fait accompli: c’est quasiment par la presse que Royal Air Maroc a appris l’abandon de la liaison et qu’elle serait dorénavant la seule à assurer la liaison en vol régulier entre Casablanca et Bruxelles. Monsieur Charki Morssli, directeur de la représentation en Belgique de la RAM : « Heureusement, cette décision tombe la veille du début du ramadan et du mois de décembre. Deux périodes de l’année qui sont traditionnellement calmes. Cela nous laisse deux mois pour nous retourner ».

 

 

 

La fin de la liaison d’Istanbul

 

 

 

Ici, le cas peut sembler différent et pourtant l’annonce a été tout aussi brutale et démontre toute la désinvolture de la Sabena vis à vis non seulement des clients, mais également des compagnies alliées. Turkish Airline a beau être membre de l’alliance Qualiflyer, il n’en reste pas moins que la représentation belge de la compagnie n’a été avisée de l’arrêt de la liaison que le vendredi 26 octobre. Aussitôt un plan d’urgence a du être mis en place. Odette Swinnen, marketing et sales manager : « Nous avons demandé à la direction d’augmenter la capacité des avions. Actuellement, nous opérons la ligne avec un B737 de 150 places. Devant l’afflux des passagers provenant de la Sabena, nous allons mettre en place des Airbus avec une capacité allant de 210 à 230 places. » 

 

 

Michel Ghesquière