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Pagtour

Railteam: droit de réponse pour deux de nos articles

20 décembre 2009

A l'attention de M. Boumal

Monsieur,

Suite à vos deux billets d'humeur du 06 et 09 décembre 2009 (NDLR : www.pagtour.net/article-Les-compagnies-de-chemin-de-fer-vivent-au-passe-simple-244-1219.html et www.pagtour.net/article-Comment-rater-sa-communication-Railteam-montre-lexemple-321-1232.html), je souhaiterai exercer mon droit de réponse en qualité de Directrice de la Communication de Railteam.

- Je regrette tout d'abord que votre communiqué du 06/12 soit une pure fiction.

Vous expliquez que Railteam, doté généreusement de 30 millions d'euros, n'a pas su en trois ans mettre en place un système de réservation commun, commettant les erreurs les plus grossières.

Que vous dire...

Concernant les sommes évoquées, 30 millions, je vous rappelle que c'était un prévisionnel. En aucun cas une provision.

Vous semblez confondre prévisionnel de coûts avec autre chose car  vous le traduisez par "budgétés". Faites attention, les mots sont différents. Leurs sens aussi.

De là, votre passage sur les consultants et auditeurs qui se seraient "sucrés sur la bête" (30 millions ! juste en conseil, au diable l'avarice !  - ou la raison?- ) pour proposer des solutions inutilisables, m' apparaît ici comme un grand moment d'information.

Vous continuez d'ailleurs avec notre "aveu" (dont la seule source est un blog anglais que vous traduisez sommairement sans même le citer) de n'avoir pris aucune consultation avec les acteurs les plus importants du secteur.

Réaffirmons ici que c'est le premier mensonge. Les autres paraphes relevant, on l'a vu, plutôt du fantasme et de l'insinuation.

Nous avons, évidemment, pris connaissance des expertises et propositions des acteurs historiques, comme pour la validation finale des coûts, ces dossiers sont d'ailleurs conservés.

Je vous rappelle, mais un simple appel téléphonique -comme le font les journalistes- à mes services, vous aurait renseigné, le maintien des plates formes de réservation e-ticket, et que des profils comme F.Morel -SNCF- et son expérience internationale ou le maintien en poste de R.Fenkes -DB Bahn- confirme la continuité en interne du travail gigantesque fourni.

Vous voyez, il suffit d'un peu de renseignements et les choses sont beaucoup plus simples. Merci donc de corriger rapidement la vérité.

- Concernant votre sentence du 09/12.

Je note que vous avez le goût de vous contraindre à certaines évidences, car après votre titre accrocheur je ne peux que constater votre constance à ne voir que par un prisme. Celui qui semble être votre raison alimentaire, d'ailleurs.

J'amènerai une précision importante concernant les objectifs de Railteam, car à vous lire il semblerait que cette alliance soit exclusivement vouée à des buts lucratifs...

Ces objectifs (comme nos organigrammes, nos méthodes de travail, etc.) sont communs et au delà de la distribution, c'est bien une problématique de "passerelle inter-structure GV" à laquelle Railteam doit proposer des solutions.

Le système de réservation était effectivement l'angle le plus grand public mais il était couplé avec d'autres objectifs. Qui pour vous sont réduits à peu, voir pas cités.

Trois fois les mêmes, ce n'est donc visiblement pas suffisant pour certains et c'est sans doute pour cela que vous oubliez que notre principe fondamental est plus simple :

Quel concours apporte-t-on à l'intérêt général et ceci sans forcément en retirer un intérêt direct ? Ou un bénéfice financier.

J'ai pour ma part, dirigé la communication de Thalys durant trois ans et  j'y ai appris que le développement des systèmes d'alimentation et de signalisation, trop techniques pour bénéficier d'une exposition grand public, n'en restaient pas moins un chef-d'oeuvre et surtout le passage obligatoire pour pouvoir faire Paris-Amsterdam en moins de trois heures vingt.

Et qu'aujourd'hui, travailler quotidiennement à des buts communs avec le fleuron des entreprises ferroviaires, pourtant en concurrence, est pour moi une grande source de plaisir.

Que les médias généralistes ne s'y intéressent pas, je le comprends, qu'un chroniqueur spécialisé ne sache pas en tirer d'autres options que l'impatience, j'avoue avoir plus de mal.

Pour clore, forte de ces constats et en réponse à vos conseils finaux sur la communication, permettez que je vous rappelle à mon tour qu'à faire siennes les amertumes et les engouements du jour, une entreprise tombe bien souvent dans la banalisation.

Et comprenez je vous prie, que dans communication de crise il y a le mot crise. Ce que les analyses après exposition ne m'indiquent définitivement pas.

Révélant même des possibilités que je n'aurai osées souhaiter aussi rapidement dans ce cadre Corporate.

2010 s'annonce donc bien pour Railteam. Désolée.

Merci.

N.Baron

Directrice de la Communication

Railteam Bv

Building De Oost

Stationsplein, 9

1000 AT Amsterdam

Pays-Bas UE

Notification numérique du 20 décembre 2009

Notre réponse: 

Nous aurions été en droit de refuser le droit de réponse de Mme N. Baron dans la mesure où il ne démontre pas ― et pour cause ! ― notre intention de nuire et nous accuse, ici et là, en des termes à la limite de la courtoisie...

Mais ce n’est pas notre genre d’esquiver le débat. Passons donc sur « notre goût à nous contraindre à certaines évidences » et notre « constance à ne voir que par un prisme », ce qui serait notre « raison alimentaire » ― autant d’assertions dont on aurait aimé comprendre le sens ― pour ne retenir que le fait que Mme Baron a pris la peine de nous consacrer, pour nous écrire, une partie de son dimanche : le fait méritait, non seulement d’être signalé, mais encore de faire droit à sa requête. 

Bonne nouvelle, donc : Railteam n’aurait pas tout dépensé ! C’eût d’ailleurs été de toute façon insuffisant puisque, comme l’ont noté plusieurs medias britanniques et français notamment, qui n’ont pas été démentis, le budget nécessaire pour mettre en place un inventaire tarifaire européen était nettement plus élevé que le budget de 30 millions d’euros prévu au départ.

Bigre ! Traduisons : cela fait, si l’on compte bien, 1,2 milliard d’anciens francs belges, près de 200 millions d’anciens francs français, ou 2 milliards de « centimes », et ce n’était pas encore assez !. Le prix de combien de locomotives ?  

Il doit pourtant y avoir moins de gares et moins de trains sur le réseau européen à grande vitesse que sur le réseau intérieur belge...

Nous continuerons donc à  insinuer ― ce qui relève de notre droit ― qu’on a confié des études à des gens incompétents, qui les ont fait payer très cher. Et il se trouvera bien un jour quelqu’un pour demander des comptes. 

Si Mme Baron considère notre titre comme accrocheur, nous prendrions plutôt cela comme un compliment. En revanche, on se demande bien où elle a lu, même entre les lignes, que nous considérions l’alliance Railteam comme « exclusivement vouée à des buts lucratifs » : nous n’avons écrit cela nulle part. Cela n’est pas pour autant une raison pour négliger sa trésorerie. 

Il reste que les autres objectifs, personne n’en a parlé non plus, ou si peu : sauf erreur, aucun média, sur papier ou en ligne (si ce n’est PAG tour, justement), n’a mis en avant le réseau Railteam, l’amélioration des liaisons avec Amsterdam et Cologne, l’implication des compagnies de chemin de fer dans l’économie de CO2, etc., ce qui était finalement la raison principale de la conférence de presse organisée à Bruxelles.

Car là, comme nous l’avons écrit, Railteam a raté sa communication, et c’est sans doute, comme on peut le comprendre, ce qui chagrine notre interlocutrice.

C.B. 

Post Scriptum qui n’a rien à voir : Railteam serait bien inspirée d’inviter le Transsibérien dans son alliance, dont les conseils lui seraient bien utiles pour éviter qu’un peu de neige ne paralyse un train dans un tunnel pendant 28 heures…

Il faudrait aussi qu’on nous explique pourquoi on ne peut pas tout simplement remorquer un train en panne et délivrer au plus vite les malheureux passagers qui en sont prisonniers.