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Les leçons de la crise: repenser le tourisme industriel
26 août 2009
Vers un retour aux sources du tourisme ?
La crise a provoqué une certaine remise en question de nombreuses habitudes des touristes et des voyageurs. Retour en force des last minutes, remontée du camping, redécouverte de destinations moins lointaines,… A ces réapparitions, il faut rajouter la montée en puissance d’Internet et des réservations directes.
En fait en y regardant bien, c’est toute la structure du tourisme industriel qui est en quelque sorte remise en question.
La remontée des last-minutes
Dès le mois de décembre, nous avions publié dans un autre média qu’avec la crise les touristes allaient réserver plus tard. Or les grands TO n’ont pas changé leurs méthodes de travail et n’ont pas tenu compte que le problème des touristes n’était en rien une recherche du moins cher pour le moins cher.
En fait, de nombreux signes montraient que de très nombreux travailleurs et salariés n’étaient pas certains quant à leur avenir professionnel. Dès janvier, les annonces de fermetures de plus en plus nombreuses, les mises en chômage technique ont commencé à pleuvoir. Et rien n’y a fait, le secteur a voulu appliquer les recettes classiques. Les campagnes de pub étant toujours axées sur la thématique « réservez tôt et vous aurez le choix avec des tas d’avantages ».
Messages adressés à des groupes, pour le tourisme populaire, qui vivaient dans l’incertitude du lendemain. Il ne fallait donc pas être sorcier pour comprendre que les last minutes allaient devenir le produit qui allait se vendre le mieux.
La fin des destinations lointaines ?
C’est avec également un certain étonnement que les observateurs ont vu des destinations à moyenne distance et / ou proches résister, voire même remonter en puissance. En dehors de l’argument réel pour la France, l’Italie et l’Espagne que le tourisme interne a compensé l’absence des étrangers, personne, à notre connaissance, n’a étudié les transferts de destination. Nous voulons dire par là, en caricaturant, les touristes de Saint Domingue ou du Sénégal, … ont opté pour les moyennes distances comme le Maroc. Ceux du Maroc, pour l’Espagne, de l’Espagne pour la France…
Déjà l’an passé ce type de transferts avec l’explosion du prix du fuel a pu être observé. Il aurait donc été logique que les contracteurs des TO de masse en aient tenu compte. Or tout donne à penser que c’est la politique de l’autruche qui a primé.
Or il ne faut pas perdre de vue que les voyages en avion bon marché ne vont pas perdurer. Déjà des "écotaxes" vont être imposées à plus de 4,000 compagnies aériennes...
Le retour des campings
Il est loin le temps où les campings ressemblaient à des camps de concentration pour touristes bêtes et méchants. Il suffit de se rendre sur les espaces aménagés par certains groupes pour constater que nombre de ceux-ci sont devenus de véritables clubs de vacances. Avec le retour en plus pour certains de la nature et surtout de la liberté.
Nous retrouvons d’ailleurs ce même accroissement de la demande pour des résidences de –vacances de petite taille comme nous avons pu le constater la semaine passée avec un séjour en Provence au Moulin Neuf conçu et réalisé par Jacques Solé. Ici encore c’est la réponse à une authenticité qui est apportée.
Trouver de nouvelles solutions
Devant ces constats : écologie, authenticité et retour à des valeurs économiques oubliées le secteur ne parvient pas à trouver les bonnes réponses. Il continue envers et contre tout à privilégier des formules qui ont marché lorsque la demande des voyages et des vacances était du type bronzé idiot.
Aujourd’hui, les AGV doivent parvenir à contrer l’idée permanente fausse des consommateurs qui croient envers et contre tout que passer par une AGV et un TO coûte plus cher que de réserver en direct. De plus les AGV doivent également lutter contre la concurrence directe que leur mènent leurs propres fournisseurs.
Il est donc primordial que de nouvelles formules soient mises en place et que celles-ci tiennent compte des mutations profondes des comportements des marchés et surtout des consommateurs.
La première priorité est donc déjà d’écouter et d’entendre le personnel de comptoir qui lui connaît bien les touristes. C’est de lui que des idées neuves peuvent voir le jour.
Michel Ghesquière
Enquête / Sondage
Certains offices de tourisme considèrent que les voyages et séjours de proximité ne sont pas du ressort des TO et AGV
Ces offices de tourisme estiment que les agences de voyages et les TO ne doivent "vendre que...










