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Le crash de l'Aibus d'Air France, l'analyse de Patrick Anspach

02 juin 2009

Le crash de l'Airbus d'Air France: des questions sans réponses

 

Même si quelques débris ont été trouvés, on n'apprendra rien sans les boîtes noires.

La perte de l'Airbus A330 d'Air France suscite bien des interrogations. Et il est à craindre que les questions demeureront à jamais sans réponse. Dont la plus importante: quel est, ou plus exactement, quelles "sont" les causes de ce crash, dont on ne sait pas grand chose?

Pourquoi les enregistreurs/expéditeurs automatiques de maintenance (un des derniers progrès en aéronautique) ont-il révélé une perte de puissance électrique? Pourquoi les pilotes n'ont-il pas pu informer quiconque du drame qui se préparait?

L'argument le plus souvent évoqué est d'origine météorologique. L'avion aurait été pris dans un orage sans précédent et touché par la foudre. Pour la communauté des pilotes, surtout ceux de Brussels Airlines qui volent sur A330 sur l'Afrique, c'est une thèse peu crédible, surtout si on l'isole d'autres erreurs.

Il n'est pas rare que les pilotes (et leurs passagers) traversent des zones orageuses et ils sont encore là pour en parler. L'A330 est un avion métallique qui, par conséquent, évacue bien la foudre.

On verra plus tard comment se comporteront les A350 et Boeing 787 avec des matériaux composites. Du reste, d'un strict point de vue statistique, l'A330 est une machine très performante du point de vue de la sécurité.

Ceci répond déjà à une autre question que l'on se pose. Cet accident risque-t-il de freiner les ventes d'A330 à l'avenir? Gageons que non.

 

 

L'aviation est et reste un moyen de transport fiable et sûr

Si l'aviation demeure le mode de transport le plus sûr (519 décès l'an dernier sur 2,35 milliards de passagers transportés), c'est parce que les autorités aéronautiques internationales s'échangent toutes les données relatives à des accidents et prennent le cas échéant les mesures adéquates soit sur certains types d'avions, soit sur tous les modèles. Il serait absurde de croire que Boeing cacherait à Airbus ses secrets en matière de sécurité aérienne ou l'inverse. Les pilotes seraient d'ailleurs les premiers à relever de telles pratiques indignes.

Or, dans le cas présent, trouver les indispensables boîtes noires relèvera de la prouesse et de la chance. Rappelons-nous du crash de Sharm el-Sheikh et du temps qu'on avait mis pour trouver les boîtes, alors qu'on savait précisément où l'avion s'était abîmé, qui plus est pas loin des côtes.

Certes, on nous affirmait hier après-midi que de petits débris (dont un siège) avaient été trouvés à 650 kilomètres de l'île de Fernando de Norohna, sans la certitude qu'ils proviennent de l'Airbus (mais d'où viendrait le siège alors?). Mais, compte tenu des courants, il est impossible de croire que l'avion était "juste en dessous".

Vu la légèreté des matériaux utilisés en aviation, si l'avion a crashé par mauvais temps, il aura été pulvérisé au moment de l'impact avec la surface. Il ne doit pas en rester grand chose.

 

On est très loin du cas d'un avion qui, de jour, amorce un atterrissage plané sur une surface uniforme d'eau sans vague (référence à l'Hudson). Et si les boîtes noires qui ont une durée de vie d'un mois sont intactes, à quelle profondeur les trouvera-t-on? Elles n'ont pas la taille du Titanic! Et si on ne saura jamais?

 

Patrick Anspach