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Les tests

L’Andalousie, entre Algarve et Gibraltar

09 novembre 2011

Le Sud de l’Espagne est probablement la région la plus chaude d’Europe : si l’on veut visiter ses villes — oui, Séville ! mais aussi Cadix, Cordoue, Grenade… — mieux vaut privilégier l’arrière-saison. Encore que, à la mi-octobre, le thermomètre n’y descendait toujours pas sous les 35°…

Et pourtant, est-ce la proximité de la mer ou, c’est selon, du fleuve Guadalquivir qui draine paisiblement la Région, la température restait tout à fait supportable. Dans ces conditions, une croisière fluviale associant une escapade en mer, comme le propose CroisiEurope, est un moment idéal.

Amarrée le long du fleuve, en plein centre ville, à moins d’une demi-heure de l’aéroport de Séville, La Belle de Cadix attend sagement ses invités.

Long de 103 mètres et large d’un peu plus de onze, le bateau a été construit en 2005 au chantier naval de Namur et est immatriculé… à Bruxelles ! Hommage, dit-on, à l’ingénieur belge responsable de la construction des navires de la compagnie. Il peut accueillir 180 passagers et se faufiler (presque) partout, grâce à son tirant d’eau de 1,60 m.

L’accueil est chaleureux, et on prend rapidement possession d’une cabine aux normes hôtelières, malgré un espace nécessairement réduit : coin douche et toilettes, sèche-cheveux, air conditionné, téléviseur.

Avant de se rendre au bar panoramique puis, à l’étage en-dessous, au vaste restaurant pour le premier dîner. Un spectacle flamenco est proposé le soir, en ville, et le lendemain, une excursion jusqu’à un élevage taurin le matin, et visite de Cadix l’après-midi.

Balade en mer

Puis, pendant une semaine, le bateau naviguera descendra le Guadalquivir jusqu’à Cadix, avant d’affronter la mer pour remonter, en suivant la côte, jusqu’à l’embouchure du Guadiana, le fleuve marquant la frontière naturelle entre l’Espagne et le Portugal, jusqu’au charmant petit village d’Alcoutim, en Algarve.

Bronzer, alors, sur le pont « Soleil », est un de ces plaisirs auxquels on ne résiste pas quand, sur le fleuve, la navigation est paisible, le bateau se frayant lentement un chemin entre les collines arborées.

On ne peut en dire autant de la navigation en mer : même si La Belle de Cadix est agréée pour la navigation côtière, le bateau, dépourvu de stabilisateurs, n’est pas, quoi qu’on en dise, prévu pour affronter la mer, fût-ce à moins de trois milles des côtes.

Il présente une tendance au roulis qui peut incommoder certains passagers, même par une mer d’huile. Si le vent est trop fort, le commandant se réserve d’ailleurs, et bien naturellement, de modifier le programme de la croisière.

Mosquée et hors taxes

Escale à Villa Real de Sans Antonio pour une escapade à Faro, dont on peut aisément se dispenser. Et retour par la même route maritime jusqu’à El Puerto de Santa Maria, dans le golfe de Cadix, où se trouvent les troisièmes plus grandes arènes d’Espagne, point de départ d’une excursion en car vers Jerez de la Frontera et ses caves, et Gibraltar, qui prendra toute la journée du lendemain.

Ce gros rocher, au bout du bout de l’Europe, est toujours britannique, et les formalités sont prises très au sérieux par les représentants de Sa Majesté… Si l’on a la chance — rare, paraît-il — de bénéficier du beau temps, on aperçoit distinctement les côtes marocaines quand on tourne le dos à la mosquée, érigée récemment ici, à la porte d’entrée de l’Europe.

Quant au reste, hormis la visite d’une grotte dont l’entrée est gardée par une armée de singes, Gibraltar n’offre guère de grand intérêt, si ce n’est les achats hors taxes dans une rue qu’on dirait créée à cet effet. 

Cordoue

Enfin, La Belle de Cadix remontera jusqu’à Séville encore, d’où la ville de Cordoue, à 34 km en amont, ne peut plus être atteinte que par la route. Capitale intellectuelle au Moyen Age, où vécurent entre autres Averroès et Maïmonides, elle se laisse aimer pour son quartier juif et, surtout, sa mosquée aux 856 colonnes, si vaste que Charles Quint, après la reconquista, y autorisa la construction d’une cathédrale gothique… à l’intérieur.

Un programme équilibré

Le programme de cette croisière est donc particulièrement bien équilibré, avec des temps forts et une apothéose, qu’est la visite de Cordoue aux côtés d’une guide passionnante.

Le prix total des excursions proposées représente 328 euros, auquel s’applique une réduction de 5 p.c. à l’achat de l’ensemble. Mais, comme on l’a vu, toutes ne sont pas indispensables, d’autant que le repas en cours de route fait regretter la cuisine de CroisiEurope, notamment à Gibraltar.

Car entre les différentes étapes, les passagers apprécient la vie à bord, en particulier le talent de la brigade dirigée par Richard Moll, adepte de la cuisson à basse température, magnifique artisan d’une cuisine à la fois classique et inventive.

Et parfois « exotique », comme une (inévitable) paella, ou, en territoire portugais, un bacalhau inoubliable. Tandis que, sous l’autorité d’une maîtresse d’hôtel hongroise, les gentils Philippins, pour la plupart, qui officient en salle comme au bar, ont tôt fait de s’attirer naturellement la sympathie de la clientèle.

Commissaire de bord et animateurs maîtrisent au total une demi-douzaine de langues, et il n’y a franchement aucun problème de communication à bord. Et s’il y a bien un piano bar, les soirées se prolongent rarement tard : la night life n’est pas le fort de la clientèle moyenne de CroisiEurope.

Quoique, à toutes fins utiles, et ce n’est pas le moindre des mérites de la compagnie que d’y avoir pensé, tous ses bateaux soient équipés d’un défibrillateur.

Claude Boumal

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