Pagtour
La langue flamande en danger de disparition ?
31 décembre 2009
Les attachés de presse aussi
Il n'y a pas que les journalistes de tourisme qui soient majoritairement néerlandophones. La presque totalité des attachés de presse et autres chargés de communication en Belgique sont aussi néerlandophones, et dans tous les secteurs de l'économie. Au motif qu'ils sont tous bilingues (enfin, certains le sont, d'autres en sont persuadés...) et qu'un francophone ne l'est que rarement -- ce qui n'est pas faux.
Soyons justes : aucun d'entre eux, à notre connaissance, n'a jusqu'ici refusé de répondre en français à un journaliste francophone (à l'inverse, en son temps, du frère du Président de l'Europe, par exemple..). Ils y ont d'autant plus de mérite que les journalises francophones sont en effet de moins en moins nombreux...
Il m'arrive même de plus en plus souvent d'être le seul francophone invité ! Comme j'ai toujours fait l'effort de baragouiner avec mes confrères dont c'est la langue maternelle quelques mots de néerlandais, que j'ai d'ailleurs appris sur le tard, ils m'en savent généralement gré : je ne passe pas donc pas à leurs yeux pour un méchant "franskilion", ce qui me permet d'entretenir des relations courtoises avec la plupart d'entre eux. Mais savent-ils que, dans les magazines que Kamikaze citait ici l'autre jour, leurs articles sont aussi mal traduits ?
Une sorte de chant du cygne ?
Cette volonté affirmée de favoriser une langue parce qu'elle est parlée par le plus grand nombre, ressemble fort, et je le dis sans aucune agressivité, à un chant du cygne. Car l'anglais s'impose de plus en plus -- y compris entre journalistes belges quand ils ne se comprennent pas entre eux... Et si le français y résistera sans doute encore longtemps, qu'en sera-t-il du néerlandais? Sans parler du flamand : une langue qui n'est plus parlée que par moins de dix millions de personnes est une langue en danger de disparition.
C'est un sujet généralement méconnu : l'ABN n'existe que parce qu'il est obligatoire. C'est, en quelque sorte, la Belgique qui en garantit la pérennité. Mais si la Flandre obtient son indépendance -- sans que je le souhaite en particulier, je tiens l'hypothèse pour plausible, qui serait en tous cas loin de m'attrister -- la langue flamande mettra moins de deux générations à disparaître.
Ce n'est faire injure à personne que de constater qu'elle n'a connu aucun rayonnement international -- si l'on excepte l'Afrique du Sud, qui en a développé sa propre version, et quelques villages moluquois -- ni d'observer que, malgré son grand talent, Hugo Claus ne fut pas Victor Hugo. Ignorée par l'Histoire, la langue flamande périra par la démographie, tout simplement. Ce sera dommage: une langue qui s'éteint, c'est un peu de la mémoire du monde qui défaille. D'ici la fin de ce siècle, la moitié des six ou sept mille langues que compterait le monde, selon l'UNESCO, aura disparu, faute de locuteurs. Dont le flamand ?
A moins que-- mais là, on plaisante ! -- le réchauffement climatique ne précipite encore davantage sa disparition d'une langue qui est de enige taal ter wereld die alleen maar onder de zeelevel gesproken word.
(la seule langue au monde qui n'est parlée qu'en-dessous du niveau de la mer).
Obelix
Enquête / Sondage
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