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La grande affaire de l'an 2000: Le Jubile de Rome

13 avril 2009

 C'est en 1996 que j'ai commencé à me pencher sur un sujet qui n'était alors qu'à peine abordé dans la presse générale comme professionnelle. Le Grand Jubile qui devait avoir lieu en l'an 2000. A l'origine, l'un des meilleurs directeurs d'office de tourisme étranger de Bruxelles: Franco Demarinis de l'ENIT (Italie).

Au final, pas moins d'une centaine d'articles sur ce sujet, une dizaine de reportages sur le terrain avant et après. Curieusement, je n'ai pu couvrir aucunes des journées de la manifestation et ce même pour des journaux qui m'avaient commandé des papiers sur le sujet. Ce n'est pas de la rancoeur mais une constatation: souvent ce sont les journalistes free lance qui trouvent des sujets et les mettent en évidence. Et lorsque l'événement à lieu la couverture m^me est assurée par des journalistes salariés.

A tout seigneur tout honneur, le premier média qui a repris le sujet en Belgique comme événement socio économique est le Trends Tendances. Par la suite, mes articles se sont retrouvés dans d'autres médias grands publics ainsi que dans la presse professionnelle Belge comme Française.

Michel Ghesquière

Premier article du Trends Tendances du 4 avril 1996

Les bonnes affaires de l’année sainte 2000

 

 

 

A lire tous les projets prévus pour l’an 2000, les sponsors ne sauront plus où donner la tête. Pour le réveillon lui-même, plusieurs états de l’Océanie (Kiribati, Tonga et Chatham) se disputent le droit d’être le premier à entrer dans le nouveau millénaire. L’enjeu est de taille : droits TV, émissions de timbres poste et monnaies commémoratives, shows comme le royaume de Tonga qui pévoit le plus grand feu d’artifice jamais réalisé de tous les temps, investissements hôteliers très importants... Déjà les réservations sont ouvertes.

 

 

 

En Australie, à Sydney, les Jeux Olympiques Tandis qu’en Europe, en dehors des réveillons gigantesques déjà en cours d’étude, 3 événements majeurs sont en préparation. A Hanovre, une exposition géante est prévue, ayant pour thème « Homme, nature et technologie » , au Bénélux, le championnat européen de football et à Rome, le Grand Jubile de l’An 2000.

 

 

Le Jubile de l’An 2000

 

 

C’est en l’an 1300 que le pape Boniface VIII reprend la tradition juive de l’ « Année de Rémission » et l’adapte à la chrétienté. Au début, prévu tous les 100 ans, dès 1470 il est décidé que ceux-ci auront lieu tous les 25 ans. Pendant ces années, appelées Saintes, une indulgence plénière est accordée aux pèlerins qui se rendent à Rome et vont prier dans les 4 églises majeures de la ville éternelle. A noter, pourtant qu’en 1950, Pie XIII décide que l’indulgence plénière peut être obtenue dans tous les pays en visitant une église ou un lieu désigné par les évêques.

 

 

Ils seront des millions...

 

 

Le Jubile de l’an 2000 sera particulièrement important pour différentes raisons. Tout d’abord, il s’agit du deux millième anniversaire traditionnel de la naissance de Jésus-Christ. Ensuite, on s’attend à l’arrivée des pèlerins qui généralement étaient absents lors des derniers Jubilés. Soit pour des raisons politiques, comme les catholiques des anciens pays de l’est, soit pour des raisons économiques comme les Asiatiques, les Africains ou les Latino-américains.

 

 

L’estimation du nombre de pèlerins ? une énigme ! ! En 1975, lors du dernier Jubilé, ils étaient plus de 8 700 000. Pour le prochain, les estimations sont nombreuses et se basent pour la plupart sur des données peu fiables. Pour F. Demarinis, directeur de l’Office Italien de Tourisme de Bruxelles, il faut prévoir entre 10 et 15 millions de touristes religieux,. Pour le Vatican, ce serait entre 20 et 25 millions,

 

 

Tandis que pour l’Association Provinciale des Hôteliers de la Région de Rome, il faudrait compter entre 30 et 45 millions de visiteurs.... En réalité, il est impossible de pouvoir faire une prévision exacte : les données statistiques sur le tourisme à Rome ne sont pas assez  fiables pour des raisons purement techniques . Elles se basent en grande partie sur les nuitées des années précédentes. Or les statistiques sont tenues d’une part de manière empirique et d’autre part totalement inexactes.  

 

 

Mais où donc les loger ?

 

 

Il faut savoir, en effet, qu’il existe à Rome deux circuits d’hébergement totalement indépendant l’un de l’autre : les centres d’hébergement officiel italien (hôtels, pensions, camping, ...) et les centres d’accueil géré par les congrégations religieuses (couvents, monastères, écoles, ...). Si pour le circuit officiel, le nombre de lits est connu (environ 65.000 lits), par contre pour les centres religieux le mystère est complet et ce pour des raisons fiscales (puisqu'officiellement non existants).

 

 

Mgr Sebiastiani nous a, pourtant, donné comme chiffre : 10% du circuit officiel et, ce, en permanence, tandis que d’autres sources estiment quant à elles le nombre des lits « religieux » à 50.000 unités. Soit au total un nombre de lits maximums de 125.000 unités. Ces données sont importantes, car elles posent le premier problème rencontré par les organisateurs.

 

 

Avec une présence moyenne des pèlerins de 3 à 4 jours à Rome et dans ses alentours, la capacité actuelle maximum est de plus ou moins 14 millions de nuitées ce qui correspond à la fourchette la plus basse des estimations de présence. Et comme en plus la présence des pèlerins ne sera pas linéaire, mais connaîtra des pointes : à la Noël 99 (ouverture officielle du Jubile), pendant la semaine sainte, en juillet et août et le 25 décembre 2000...

 

 

On peut donc craindre le pire ! Enfin, un dernier détail à ne pas négliger : la qualité hôtelière officielle actuelle ne concordera pas à la demande : les hôtels romains sont essentiellement des 3, 4 et 5 étoiles alors que le pèlerin-touriste fréquente plutôt des 1, 2 et 3 étoiles...

 

 

Aussi, tant au niveau du Vatican que de l’Etat italien, tout un programme de rénovation hôteliere sera mis en place. Pour l’Eglise, il s’agira de transformer pendant les vacances scolaires le maximum de collèges, séminaires et écoles en centres d’hébergements provisoires. Ce qui fait d’ailleurs dire à certains que l’Eglise a une capacité d’accueil et de logement énorme et plus importante qu’on ne le croit.

 

 

Tandis que la Région de Rome, quant à elle, va réaliser la construction de villages de logement qui pourront être réemployé, soit pour le logement proprement dit, soit être réutilisé comme village olympique au cas où la candidature de Rome pour les jeux de 2004 est acceptée.

 

 

La ville de Rome : un gigantesque chantier

 

 

Tous ceux qui ont été à Rome, gardent en mémoire les embouteillages, les problèmes de parking, les encombrements permanents de la cité. Un gigantesque plan d’aménagements a été mis en route. Celui-ci va transformer la ville, pendant les prochaines années, en un chantier colossal, digne des travaux effectués à Bruxelles pour l’Expo 58.

 

 

Pour le centre ville, il est prévu la construction d’une nouvelle ligne de métro reliant le Colisée à la Cité du Vatican - ligne qui s’enfoncera à -40 mètres sous terre, l’implantation de 2 nouvelles lignes de tram et d’une ligne de tramways touristiques, l’acquisition de nouveaux trams, bus urbains et vicinaux, la construction d’un tunnel devant dégager les alentours du château Saint Ange, etc...

 

 

Pour les alentours de la ville, l’élargissement de certaines parties de l’autoroute circulaire et de l’autoroute Rome / aéroport Fiumicino, la mise en place d’une ligne RER, l’implantation d’une nouvelle gare d’autobus Porte de Civitavecchia, ... Les budgets prévus ? plus de 3.065 milliards de lire (61,3 milliards de FB)...

 

 

Le retard pris est énorme : bien que le Jubile soit prévu de longues dates, quasiment rien n’a encore été réalisé. C’est ce qui fait dire à un cadre SNCF établi à Rome : « Si depuis les années 80, les romains sont au courant et ont pensés à de nombreux projets, rien n’a pratiquement été commencé. Personnellement, je doute fort qu’ils arrivent à terminer tout pour 2000. Penser, une ligne de Métro à - 40 m en trois ans... C’est quasiment impossible  ».

 

 

A côté des moyens de transport, toute une série d’autres travaux est prévue. On y trouve  la restauration de lieux historiques et le réaménagement de différents parcs : Colisée, les Forum impériaux, les parcs Borghèse, ...

 

 

L’organisation

 

 

Pour tout organiser, différentes structures ont été mises en place. Mais, avant tout, il faut bien comprendre le cas particulier de Rome. D’un côté, l’Eglise Catholique se divisant en trois éléments : la Cité du Vatican, état indépendant, le Saint Siège, gouvernement de l’Eglise Catholique dans le monde entier et enfin les Congrégations religieuses. Côté Italien, on trouve également différents intervenants : l’Etat, la Région du Latium, la province et la ville de Rome.

 

 

Au niveau Catholique, plus de150 personnes travaillent déjà, certaines full time, d’autres de manière irrégulière à la préparation de l’événement. L’ensemble est coiffé par le « Conseil de la Présidence du Grand Jubile de l’An 2000». Le président en est le Cardinal français Etchegaray assisté de 4 autres cardinaux. L’Archevêque Sebiastani en est le secrétaire général et coiffe également le comité central composé de 25 membres. En dessous on trouve 3 comités spécialisés (technique, mass-média et de travail). Chacun de ces comités s'occupent de taches plus spécifiques, ainsi la commission de travail reprend 10 départements spécialisés qui vont de l’Oecuménisme à la Pastorale en passant par la Théologie et l’Artistique...

 

 

Tandis que chez les italiens, on se retrouve face à un mélange d’éléments opérationnels et actifs à côté d’un laisser aller typiquement romain. Actuellement, l’Etat est paralysé en grande partie par les problèmes politiques propres à l’Italie. La région et la province font ce que elles peuvent et Rome, malgré la volonté de son maire M Rutella, est dépassée par les événements.

 

Dernier élément très important au niveau romain, la mentalité locale, qui, comme nous l’a signalé une française établie de longues dates à Rome, est proche des cafetiers parisien : « Pourquoi s’en faire ? les touristes et les pèlerins viennent de toute façon... ». Cet ensemble, détonnant, a créé une structure commune : l’Agence pour la préparation du Jubile. Celle-ci essaye de faire en sorte que le Jubile de l’an 2000 soit une réussite et non une catastrophe. 

 

 

Enfin, un organisme de coordination entre l’ensemble « Vatican » et « Italie » a été mis en place: la Commission mixte où l’on retrouve Mgr Sebiastani et Scalzini, secrétaire d’état italien.

 

 

En dehors des cérémonies religieuses...

 

 

Le maître d’œuvre est naturellement le Saint Siège. C’est lui qui donne les dates des principales manifestations religieuses : ouverture de la Sainte Porte le 24 décembre 1999, béatifications, cérémonies religieuses, ... A côté de l’aspect purement religieux, la culture sera également à l’honneur. Mais ici, on se retrouve en plein délire. En effet DEUX programmes culturels cohabiteront !

 

L’un, pensé et construit par le Vatican aura pour essence tout ce qui touche au religieux : expositions d’art sacré, concerts de musique religieuse, œuvres théâtrales d’inspirations chrétiennes, ... qui recevront le « logo » Jubile officiel Vatican et l’autre programme « laïque » basé lui sur les monuments, l’archéologie et les musées d’état...A propos du logo, si le Vatican a réalisé un concours international à ce sujet, celui-ci n’est toujours pas disponible.

 

 

La sécurité

 

 

L’une des préoccupations majeures du Vatican concerne la sécurité des pèlerins. Par sécurité, il faut entendre tous les éléments : physique, vol, santé. Ce n’est un secret pour personne que l’une des grandes faiblesses du tourisme italien et particulièrement de Rome est le vol et l’arnaque des touristes. Il suffit de lire à ce sujet les avertissements donnés par de très nombreux guides touristiques comme Le Routard, le Michelin ou le guide Bleu.

 

 

Mgr Sebiastani est à ce sujet très net :. « Le Saint Siège est très attentif au niveau des garanties pour la sécurité des pèlerins. Celle-ci ne se limite pas seulement au vol et aux agressions mais également envers le vandalisme dans les lieux saints ainsi qu’aux risques d’arnaque des visiteurs. Il ne faut jamais oublier que certains d’entre eux auront économisé pendant des années pour pouvoir venir ». Cette préoccupation va si loin, que le Vatican envisage de prévoir une sorte de liste d’établissements « officiels » qui seuls auront le droit d’arborer le logo. Les établissements, hôtels, restaurants, ... devront garantir des prix justes et un accueil parfait et honnête... 

 

 

Au niveau délinquance, des réunions de coordination et de préparation ont lieu actuellement réunissant les carabiniers et les ministères de l’intérieur et de la défense. Quant à l’Association des Hôteliers, elle a mis à l’étude une assurance spéciale pour les pèlerins. Le Président de l’Association, Monsieur Bettoia, nous a mis même donné le prix de la prime envisagée : 5.000 lires (10 FB) !

 

 

En plus de ces problèmes, il ne faut pas oublier ceux propres aux maladies inconnues en Italie. L’Agence Romaine pour la Préparation du Jubilé a mis en place tout un programme à ce sujet. Ainsi, l’hôpital San Spirito sera transformé en grande partie en un centre d’accueil sanitaire pour les pèlerins.

 

 

L’accueil

 

 

La responsabilité pratique de l’accueil des millions de visiteurs va dépendre en grande partie des autorités italiennes. Celles-ci vont être confrontées à de nombreuses difficultés. Rien qu’au niveau humain, il suffit de songer au problème des langues. Il a été décidé d’investir plus de 120 milliards de lire (2,4 milliards de FB) pour la formation et l’accueil proprement dit. Une partie de ce budget est également destiné au renforcement du système téléphonique d’urgence actuel, à la mise en place d’un réseau de premiers soins, à la surveillance des risques epidémiolgiques...

 

 

Les budgets

 

 

La loi financière de l’état Italien a prévu un financement de 540 milliards de lire (10,8 milliards de FB) pour la couverture des mensualités de remboursement des prêts garantis par l’Etat pour les interventions relatives à la préparation du Jubilé.  l’engagement du gouvernement italien est d’octroyer au moins 3.000 milliards de lires à Rome. Suivant les modalités les mensualités de remboursement des prêts peuvent produire une rentabilité, pour les établissements financiers, entre 3 et 5 milliards de lires.

 

Pratiquement et selon nos sources, le montant total des investissements sera de l’ordre de 5.400 milliards de lires (108 milliards de FB). Cette somme ne comprenant pas les investissements privés ni purement communaux. Par la suite, d’autres sommes budgétaires sont prévues et devront être approuvées par les lois budgétaires de 97/98. Le seul ennui, c’est que si ces sommes ont été acceptées par les institutions légales italiennes, elles ne sont toujours pas débloquées et dès lors pas disponible...

 

 

La répartition de cette manne financière a été confiée à l’Agence Romaine pour la Préparation du Jubile. Sa mission principale est de sélectionner parmi les nombreuses propositions celles qui méritent une attention particulière. Au 19 février 1996, l’Agence a ainsi sélectionné parmi les 800 projets proposés les plus aptes à correspondre au jubile. A eux seuls ils représentent plus de 5.228 milliard de lires.

 

 

Le Dr Guido Barendson, porte-parole de l’Agence, nous a signalé deux éléments très importants : « C’est la première fois depuis les opérations « Mains propres » que l’Etat s’engage de manière aussi nette pour des sommes de cette envergure. De plus, j’attire votre attention sur le fait que ces investissements se feront dans le plus profond respect des règles européennes. Notre agence veut travailler dans la plus grande transparence possible. Aussi, toutes les propositions, correspondantes au but recherché seront analysées et acceptées ou refusées. »

 

 

Pratiquement

 

 

Tout donne à penser qu'il sera impossible pour Rome d'accueillir autant de monde en l’an 2000. La capacité hôtelière actuelle, les travaux d’infrastructures,  la lenteur proverbiale en prise de décisions de l’Etat Italien et des romains, tout démontre que le Jubile sera une véritable catastrophe pour Rome. Quand on pense que l’Enit, l’office italien chargé de la promotion du tourisme à l’étranger, ne dispose même pas d’un budget, ni n’est même pris en considération par les autorités locales, on peut se demander comment l’information se fera en dehors des circuits religieux. Sauf, si les romains ne prennent le taureau par les cornes et se mettent à vraiment prendre le Jubile au sérieux, comme le fait le Vatican, au lieu des 30 % de touristes attendus en plus les années suivantes se seront 30 % en moins de visiteurs.

 

 

 

Michel Ghesquière

 

 

Encadré 1

 

 

Exclusif : Interview de Mgr Sebiastani, Secrétaire Général du Comité central pour la Préparation du Jubile de l’An 2000

 

 

 

Trends : Monseigneur, quel est le planning de l’organisation du Jubile de l’an 2000 ?

 

 

 

Mgr Sebiastiani : Cela fait des années que la préparation du Jubile est en cours. Mais c’est en 1994, qu’au niveau pratique tout a commencé. Les 13 et 14 juin 94, un Consistoire Extraordinaire a eu lieu. Celui-ci concluait toute une série de consultation des conférences épiscopales du monde entier. Sur base des recommandations du Consistoire, le Saint Père a envoyé une lettre apostolique (Tertio Millenio Adveniente) le 10 nov. 1994. Dans cette lettre, l’ensemble du planning est indiqué.

 

 

Trends : Pratiquement comment cela va t’il se faire au niveau des croyants ?

 

 

 

Mgr : Le Saint Père a décidé que la préparation du Jubile devait se faire en différentes phases : la première dite anté-préparatoire devra « servir à raviver chez le peuple chrétien la conscience de la valeur et de la signification que le Jubile de l’An 2000 revêt ». Ensuite, la seconde phase se décompose en trois. En 1997, l’accent sera mis sur le caractère nettement christologique du Jubilé. 1998 sera quant a elle spécialement consacrée à l’Esprit Saint. Enfin 1999, troisième et dernière année préparatoire servira à élargir les horizons des croyants.

 

 

Trends : Au niveau pratique, cela demande également un long travail.

 

 

Mgr : En effet, toute une série de décisions ont été et doivent être encore prises. Ainsi au niveau des diocèses, les cathédrales et sanctuaires reconnus « Jubilé » doivent être encore sélectionnées. Par ailleurs, le Saint Père a émis le souhait l’Année Sainte aie lieu également en Terre Sainte. Ce qui permettrait d’ailleurs de limiter le nombre de pèlerins ici à Rome, sous réserve naturellement que la stabilité politique le permette.

 

 

Trends : Combien de pèlerins peuvent être envisagé d’après vous ?

 

 

 

Mgr : Si en 1975, lors du dernier Jubile, près de 8,5 millions de pèlerins sont venus à Rome. Nous avons estimés que suite à la chute du rideau de fer, à la date mythique du deux millième anniversaire de NS Jésus-Christ et l’explosion de la mobilité et des possibilités de voyages plus de 20 à 25 millions pèlerins feront le déplacement.

 

 

Trends :Est ce que la Ville de Rome est capable d’accueillir autant de monde ?

 

 

 

Mgr : Cela dépend en grande partie des autorités italienne et romaine. Mais il ne faut pas oublier que l’Italie compte d’autres Lieux Saints comme par exemple Lorette où se trouve la maison natale de Marie (ndlr celle-ci aurait été ramenée de Nazareth par bateau en 1294) ou nous pourrons diriger s’il le faut une partie des pèlerins.

 

 

Trends : Une dernière question : y aura t’il d’autres événements ?

 

 

 

Mgr : Le Saint Père souhaite que le Jubile ne soit pas seulement Catholique mais également Oecuménique. C’est pourquoi des contacts ont été pris avec les autres Eglises chrétiennes. Mais en plus l’un des souhaits du Pape est d’organiser une rencontre sur le Mont Sinaï des représentants des trois religions révélées (Religions Chrétiennes, Musulmanes et Juives).  

 

 

Encadré 2

 

 

Répartition des budgets et adresse de l’agence

 

 

Sur base d’un document exclusif établi le 19 février 1996 par L’Agence Romaine pour la Préparation du Jubile qui donne les hypothèses budgétaires des investissements ceux-ci se répartiraient comme suit :

 

Groupe

Détail

Lires (en milliards)

FB (en milliards)

Social

Investissements divers pour l’accueil des pèlerins

155

2,8

Accueil

 

250

5

Culturels

Aménagements de sites culturels et restaurations d’immeubles

485

9,7

Aménagement des espaces

Restaurations des parcs publics et des zones vertes

103

2,06

Voiries

Restauration et réaménagement de la voiries romaine et des mobiliers urbains

625

 

Infrastructure et transports public

Construction d’une nouvelle ligne de métro

1300

26

 

Implantation de nouvelles lignes de tramways

190

3,8

 

Acquisition de nouveaux tram, bus urbains et vicinaux

330

6,6

 

Creusement d’un tunnel routier urbain

100

2

 

Autres travaux

1145

22,9

Formation

 

50

1

Information et communication (hors Vatican)

Centre de presse, centre d’information des visiteurs, systèmes informatiques

35

0,7

Préparation et gestion

planification, mise en place d’un système informatique de gestion et de prévision

240

4,8

Divers

Sécurité, santé, etc...

220

4,4

TOTAL

 

5228

104,56

 

 

 

Pratiquement, tous les renseignements concernant les investissements envisagés et l’avancement des adjudications et des travaux peuvent être obtenus auprès de l’Agence Romaine pour la Préparation du Jubile Via delle Coppelle, 35 00186 Roma Tél. 00 39 6 683 00 684 Fax. 00 39 6 686 46 73. Mais attention, l’Agence ne peut servir que comme un centre de coordination et de contrôle. Aussi, faut il la prendre comme un centre d’informations générales.

 

 

Encadré 3

 

 

Quelques comparaisons et chiffre d’affaire estimé

 

 

 

Comparer un Jubile avec une organisation déjà existante est chose délicate. Il y a bien les pèlerinages annuels de La Mecque. Mais ceux-ci sont différents à plusieurs points de vue : les Grands Pèlerinages ont lieu chaque année, ils sont à dates fixes selon le calendrier arabe et enfin la durée nécessaire pour participer aux cérémonies et aux rites est de deux semaines. La moyenne des participants est de 2, 5 millions pour les Grands Pèlerinages. En réalité, La Mecque est plus proche des pèlerinages sur Lourdes.

 

 

Pratiquement, le Jubile est plutôt à comparer avec les grandes expositions universelles. Celles ci sont étalées sur 6 mois, nécessitent des investissements considérables (pour Séville le total des investissements a été de l’ordre de 250 milliards de FB) et génèrent un flux de visiteurs énorme (15.540628 entrées à l’expo). Les retombées touristiques dans le temps sont équivalentes, ainsi à Séville le nombre moyen de visiteurs a augmenté depuis 1992.

 

 

Quand au chiffre d’affaire prévisionnel, il est simple à calculer en théorie mais difficile en pratique. D’après la FAIAT, les 5,5 millions de pèlerins qui se rendent chaque année à Rome représentent un chiffre d’affaires total de 4 mille milliards de lires (80 milliards FB) soit 14.500 FB par personnes. Pour le Jubile en fonction des estimations, le chiffre d’affaire total se situera donc entre 217,5 milliards FB et 652,5 milliards FB. Mais ce qui est des répartitions Etat, ville de Rome et l’Eglise, autant ne pas essayer de faire un pronostic... 

 

 

Encadré 4

 

 

Et la Belgique dans tout cela ?

 

 

 

Ici, la double répartition des tâches se fait également. D’un côté, la Conférence Episcopale, pour ce qui touche à l’aspect purement religieux proprement dit, de l’autre l’ENIT. Du côté « Catholique », tout est train de ce mettre en place conformément au plan général émis par Jean-Paul II, C’est l’Evêque de Bruges Mgr Laridan, qui a été chargé par la Conférence Episcopale belge de centraliser les opérations. Pour lui, le nombre de belges qui partiront en pèlerinage reste une inconnue. D’après une enquête réalisée par ses services, ce serait plutôt la destination « Jerusalem » qui attirerait nos pèlerins.

 

 

 Quant à l’ENIT Belgique, celle-ci ne dispose toujours pas du moindre franc pour promuvoir le Jubile. Ce n’est que grâce au dynamisme du directeur actuel du bureau de Bruxelles que les Tours Operator peuvent avoir quelques éléments d’informations.

 

Le nombre des pèlerins belges de l’An 2000 a été estimé par l’ ENIT à Bruxelles aux alentours de 150.000.

 

 

Quand aux possibilités de CA, en dehors du secteur des transports et du tourisme, elles sont nombreuses : il suffit de parcourir la liste des projets en cours pour s’en rendre compte. Et comme cette liste n’est toujours pas arrêtée, rien n’empêche de faire des propositions (sous réserve d’une correspondance exacte avec l’aspect spécial du Jubilé) auprès de l’Agence Romaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

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