Login

Islande

photo Wikipedia

Deux volcans historiques en Islande....le Laki et l'Askja

19 avril 2010

Et si le Laki ou l’Askja entraient en éruption…

 

L’éruption actuelle est dite moyenne et l’on constate les perturbations qu’elle entraîne. Or certains vulcanologues s’inquiètent au sujet d’un autre volcan qui serait en phase de « préparation » : l’Askja

 

Pour faire simple, nous reproduisons les articles Wikipedia consacrés à l'Askja qui donne des signes de mauvaise humeur et à l’éruption catastrophique du Laki qui a eu lieu en 1783. Ce fût l’une de splus importantes de l’histoire et selon plusieurs historiens elle serait l’une des causes de la Révolution Française.

 

L'Akja

Askja est un système volcanique actif des Hauts Plateaux d'Islande. Il s'agit plus particulièrement d'une caldeira de 45 km2 contenant un lac de cratère : Öskjuvatn de 219 m de profondeur ce qui en fait le lac le plus profond d'Islande. Sa dernière éruption eu lieu en 1961.

Situation géographique

La caldeira d'Askja se situe dans la partie centrale du Nord-Est des hauts plateaux d'Islande, au centre du massif de Dyngjufjöll, lui-même au centre du désert de lave d'Ódáðahraun (le désert des crimes).

Le massif de Dyngjufjöll se situe entre le lac Mývatn et le nord du Vatnajökull (glacier de Dyngjujökull), respectivement à environ 60 km au sud-est du lac et 25 km au nord du glacier.

D'autres systèmes volcaniques importants se situent à proximité immédiate d'Askja tels que :Herðubreið, Trölladyngja, Kverkfjöll, ...

 

 

Askja veut dire la « boîte » en islandais mais ce mot fait également parti du vocabulaire technique associé à la géologie et veut dire dans ce cas précis : « caldeira ».

 

Particularités géologiques 

Le volcan actif d'Askja est un emboîtement de trois caldeiras successives. Il semble que la création de cet imposant édifice volcanique ait commencé, il y a plus de 4 500 ans.

L'éruption de 1875 

En février 1874 de nombreux séismes furent ressentis par les populations vivant en majorité autour du lac de Mývatn et de la côte nord. Ces séismes durèrent toute l'année et c'est en janvier 1875 que la première éruption du système volcanique d'Askja commença. Une fissure éruptive au Nord-Est d'Askja associé à une éruption dans la caldeira se produisirent.

En février, plusieurs fissures éruptives firent leurs apparitions dans la fissure de Sveinagjá (40 a 70 km Nord d'Askja).

En mars, l'activité sismique devint plus importante, laissant supposer un regain de l'activité volcanique. Quelques jours après cette nouvelle crise sismique, deux explosions à l'intérieur de la caldeira, projetèrent 2,5 km3 de téphras (dont 0,5 km3 de roche dense). Les retombées dévastèrent le quart Nord-Est de l'Islande empêchant la lumière du soleil de percer à travers cet épais nuage de cendre. La rapide expulsion du magma participa à l'effondrement du plafond de la chambre magmatique, provoquant un affaissement et l'apparition d'une nouvelle caldeira de 11 km2 qui se remplit d'eau (Öskjuvatn).

Des éruptions fissurales effusives commencèrent après l'explosion de la caldeira d'Askja, dans et à proximité de la fissure de Sveingjá jusqu'à la fin de 1875-début 1876, et produisirent 29 km2 de laves basaltiques (Nýjahraun lava). Ensuite l'éruption cessa et Askja retrouva, avec un nouveau visage, son calme qui allait durer 40 ans.

Les éruptions du début du xxe siècle 

De 1921 a 1933, on dénombre de nombreuses petites éruptions sous formes de fissures éruptives. Le plus gros évènement volcanique eu lieu de 1921 à 1929 produisant 0,3 km2 de lave.

L'éruption de 1961 

En 1961 une nouvelle fissure éruptive s'ouvrit au Nord-Est de la caldeira et fut active pendant deux mois. 100 millions de m² de lave et 4 millions de m³ de téphras jaillirent en fontaines de lave.

Le cratère de Víti

Víti (l'enfer) est un cratère très caractéristique situé sur le bord nord-est du lac d'Öskjuvatn. Ce cratère est le résultat d'une unique éruption (sous forme de Maar) qui propulsa une grand quantité de pierres ponces tout autour d'Askja. Plusieurs mètres de neige furent recouverts par les projections. Les caractéristiques isolantes de cette roche poreuse ont conservé la neige qui au cours des siècles s'est transformée en glace. Mais elle reste la plupart du temps invisible, recouverte par l'épaisse couche de pierre-ponce.

Víti est aujourd'hui un lieu très apprécié par les promeneurs qui se rendent à Askja car il est possible de se baigner dans ses eaux chaudes qui avoisinent les 25⁰C.

L'accès pour se rendre au fond du cratère peut-être particulièrement glissant.

 

 

De nouvelles éruptions à venir

 

 

 

 

Depuis le début de l'année 2007, de nombreux séismes (plusieurs milliers) ont été enregistrés entre la caldeira d'Askja et le volcan Herðubreið. Au début de l'année 2008, l'épicentre se déplaça à l'est d'Herðubreið et les vulcanologues s'accordent pour dire qu'une éruption prochaine n'est pas à écarter.

En 2009, plusieurs crises sismiques se sont produites en Islande, dont une dans la péninsule de Reykjanes et l'autre encore en cours depuis 2007 près de la caldeira du volcan Askja. Ces signaux sont interprétés comme étant annonciateurs d'une éruption future de grande ampleur.

 

 

 

Le Laki

 

 

 

 

Les cratères de Laki (en islandais Lakagígar) sont situés dans le sud de l'Islande dans la proximité de l'Eldgjá. La ligne de cratères de Laki fait partie du même système volcanique que le Grímsvötn auquel elle est rattachée.

Entre les glaciers Mýrdalsjökull et Vatnajökull, il y a une zone de fissures en direction sud-ouest à nord-est. Cette région, à laquelle Eldgjá appartient aussi, produisit une masse de lave qui représente un record mondial. Sur une distance de 25 km, on trouve 130 cratères qui émirent 14 milliards de m3 de lave basaltique, d'acide fluorhydrique et de dioxyde de soufre, entre 1783 et 1784, causant l'éruption volcanique la plus importante des temps historiques, avec des conséquences catastrophiques pour l'Islande et des très importantes perturbations météorologiques en Europe.

 

L’éruption de 1783

 

Le 8 juin 1783, une fissure avec 130 cratères s'ouvrit de manière explosive d'abord à cause de l'interaction entre le plancher sous-marin et la poussée de magma basaltique. Ensuite l'éruption devient moins explosive, passant d'un mode plinien à un mode strombolien puis plus tard à un mode hawaïen avec des niveaux élevés d'effusion de lave. Cet évènement est classé de niveau 4 sur l'échelle d'explosivité volcanique mais les 8 mois d'émission de gaz sulfurique provoquèrent une des plus importantes perturbations climatiques et sociales du dernier millénaire1.

L'éruption aussi connue sous le nom de Skaftáreldar (« feux de la rivière Skaftá ») ou Síðueldur, produisit environ 15 km³ de lave basaltique et un volume total d'ejecta de 0,91 km32. On estime que des fontaines de lave ont atteint des hauteurs de 800 à 1 400 mètres. Au Royaume-Uni, l'été de 1783 est connu comme l'« été de sable » à cause des pluies de cendres3. Les gaz furent emportés par la convection de la colonne d'éruption à des altitudes de 15 km. Les aérosols créés provoquèrent alors un refroidissement dans tout l'hémisphère Nord.

L'éruption se poursuivit jusqu'au 7 février 1784, mais la majorité de la lave fut éjectée dans les cinq premiers mois. Le volcan Grímsvötn, duquel part la fissure du Laki, était aussi en éruption de 1783 à 1785. L'épanchement de gaz, dont les 8 millions de tonnes de fluor et 120 millions de tonnes de dioxyde de soufre donna naissance à travers l'Europe à ce qui est connu sous le nom de « brouillard de Laki ».

Conséquences en Islande 

Les conséquences pour l'île furent catastrophiques. Environ 21% de la population4 mourut de famine de 1783 à 1784. Environ 80% du cheptel de moutons, 50% du bétail, 50 % des chevaux moururent à cause de fluorose dentaire ou osseuse dues aux 8 millions de tonnes de fluor rejetées.

Le prêtre Jón Steingrímsson devint célèbre avec son eldmessa (« sermon de feu »). L'ensemble des habitants de Kirkjubæjarklaustur était réuni à l'église. Au même moment, la petite ville était menacée par une coulée de lave. Mais alors qu'ils étaient à l'église, la lave s'arrêta avant d'atteindre la ville.

Conséquences en Europe 

On estime que 122 millions de tonnes de dioxyde de soufre furent émis dans l'atmosphère, l'équivalent de trois fois les émissions industrielles annuelles en Europe et l'équivalent d'une éruption comme celle du Mont Pinatubo en 1991 tous les 3 jours7. L'émission de dioxyde de soufre coïncidant avec des conditions climatiques inhabituelles provoqua un épais brouillard sulfuré qui se répandit à travers l'Europe occidentale, provoquant des milliers de morts durant 1783 et l'hiver 1784.

L'été de 1783 était le plus chaud enregistré et une zone inhabituelle de haute pression au-dessus de l'Islande firent que les vents soufflaient vers le sud-est. Le nuage empoisonné dériva vers Bergen en Norvège puis descendit sur Prague le 17 juin, Berlin le 18 juin, Paris le 20 juin, Le Havre le 22 juin et le Royaume-Uni le 23 juin. Le brouillard était si épais que les bateaux restèrent au port et que le soleil fut décrit comme « couleur sang ".

L'inhalation de ces gaz sulfurés provoqua une augmentation de la mortalité. En Grande-Bretagne, les archives indiquent que probablement le taux de mortalité doubla ou tripla au Bedfordshire, Lincolnshire et sur la côte orientale. Il a été estimé que 23 000 Britanniques moururent à cause du nuage en août et septembre 1783.

Le brouillard, chauffé par le soleil d'été, causa de violents orages avec d'importantes chutes de grêlons, tuant du bétail et ce, jusqu'à l'automne. L'hiver qui suivit fut particulièrement rude, Gilbert White de Selborne dans l'Hampshire rapporta 28 jours de gel continu. On estime que l'hiver extrême causa 8 000 décès supplémentaires au Royaume-Uni. Au printemps, l'Allemagne et l'Europe centrale connurent d'importantes inondations.

L'impact météorologique des éruptions de Laki se fit sentir les années suivantes avec plusieurs hivers très rigoureux en Europe. On a retrouvé des traces de récits où l'on racontait que les corbeaux gelaient en vol (cf campagne de Russie de Napoléon Bonaparte)[réf. nécessaire]. La France connut une suite de situations météorologiques extrêmes avec une moisson exceptionnelle en 1785 provoquant une chute des prix des produits agricoles et une pauvreté dans les campagnes, suivies d'épisodes de sécheresse, de mauvais hivers ou étés, dont de très violents orages de grêle en 1788 qui détruisirent les récoltes.

Cela contribua de manière significative à la pauvreté et à la famine, un des facteurs importants qui provoquèrent la Révolution française en 1789. Laki fut seulement l'un des facteurs de la décennie de perturbations climatiques, comme Grímsvötn qui était en éruption de 1783 à 1785 et une étude récente des modèles d'El Niño suggère un effet inhabituellement fort d'El-Niño entre 1789 et 1793.

Conséquences en Amérique du Nord 

En Amérique du Nord, l'hiver de 1784 fut l'un des plus longs et des plus froids enregistrés. Ce fut la plus longue période de température négative en Nouvelle-Angleterre, la plus grand accumulation de neige dans le New Jersey et la plus longue période où Chesapeake Bay fut pris dans les glaces. On put faire du patin à glace au port de Charleston, une violente tempête de neige eut lieu dans le sud du pays et le Mississippi gela à la Nouvelle-Orléans et il y eut de la glace dans le golfe du Mexique.

Conséquences dans le reste du monde

Il existe aussi des preuves que l'éruption du Laki eut des conséquences au-delà de l'Europe. On constata une circulation affaiblie des moussons africaines et indiennes, conduisant à des anomalies de précipitations de 1 à 3 mm de moins que la normale par jour sur le Sahel avec parmi d'autres effets une baisse du débit du Nil

M.Gh.

17 04 2010

Lire aussi dans la rubrique "Islande"

CP Une leçon pour tous : comment les Islandais ont-ils ouvert leurs portes au monde ?

Islande

Cette année, le tourisme a augmenté de 18,9 % et, au cours des quelques dernières semaines, la campagne Inspired by Iceland a bousculé les frontières en encourageant la population locale à manger, partir en randonnée et même tricoté avec les touristes en visite

27 novembre 2011

Cela se confirme: le volcan islandais Helkla serait au seuil d’une éruption

Islande

A l’heure actuelle, les autorités islandaises n’ont encore activé aucun dispositif d’urgence. La situation est toutefois sous observation constante.

07 juillet 2011

CP L'aéroport islandais de Keflavik tente de censurer la campagne publicitaire en faveur de la protection des baleines 'Meet us, don't eat us'

Islande

IFAW (Fonds international pour la protection des animaux - www.ifaw.org) est menacé de censure après que le directeur de l'aéroport de Keflavik a ordonné le retrait des encarts publicitaires pour la conservation des baleines.

18 juin 2011

L'Islande s'est réveillée groggy !

Islande

Parmi les destinations qui font rêver, qui génère les mythes, l'Islande occupe l'une des premières places. Malgré le volcan, les banques, elle est toujours là.

08 juin 2010

Consulter les archives: Islande