Croisières
Costa Concordia: après Classix Cruise, c'est Navicruise qui fait le point
16 janvier 2012
Certains aurons, peut-être, aujourd’hui, des clients qui vous poseront la question à savoir s'il est sage de réserver une croisière, comme ils en avaient l’intention, ou, au contraire, d’annuler la croisière qu’ils avaient déjà réservée ?
Ces derniers se posent-ils également la question de savoir s’ils doivent annuler leur prochain séjour au Club Med, ou en Turquie avec JetAir, parce que un Airbus s’est abîmé en mer durant le week-end???? Ou laisseront-ils leur voiture au garage parce que l’IBSR rapporte 6 décès sur les routes durant ce même week-end ?????
Aujourd’hui, plus de 400 paquebots de croisière naviguent, en permanence, sur toutes les mers et tous les océans.
Ils sont complétés par plus de 500 navires de croisières fluviales.
C’est une industrie florissante, et en plein développement, parce que les passagers ont compris que cette nouvelle forme de vacances présentait bien des avantages, tant au niveau plaisir du voyage et de la découverte, qu’au niveau de la sécurité qui y est associée.
Si on se place sur le strict plan de la sécurité, il faut tout d’abord considérer les faits : Comme l’a rappelé Michel Ghesquière hier, en reprenant la liste des accidents survenus depuis 1945, nous en avons vécu 5 avant l’échouage tragique du Costa Concordia….
De ces 5 accidents, seuls ceux de l’Andrea Doria en 1951 (Collision avec le Stockholm -51 morts) et celui du Sea Diamond en 2007 (2 disparus) ont eu des bilans tragiques. Le cas du Boulgaria, sur le Danube en 2011, et ayant entraîné 122 décès, est lui-même un cas atypique, puisqu’il s’agissait d’une opération hors marché classique de la croisière, dans laquelle on entassait beaucoup trop de passagers sur un navire non conçu pour cela, et pour une excursion d’un jour…..
C’est un peu comme si on embarquait 500 personnes au lieu des 80 réglementaires sur le « Général Guissan », le vapeur qui traverse le Lac Léman entre Lausanne et Evian… et que celui-ci coulait au milieu, victime de sa surcharge….
Mais revenons à nos 3 accidents majeurs (L’Achile Lauro n’a pas fait de morts, en dehors d’un acte de terrorisme isolé), et en laissant évidemment de côté, les paquebots anglais coulés volontairement par les sous-marins allemands durant les 2 guerres mondiales (Lusitania etc….), notre bilan s’établit, depuis 1912 et le Titanic, à une 50-taine de décès, à peine…
ET si par malheur le bilan de l’accident du Costa Concordia devait s’alourdir, et atteindre une 20-taine de décès, on resterait encore bien en dessous de la barre de 100 décès depuis le 12 avril 1912.
Connaissez-vous beaucoup d’autres moyens de transport pouvant revendiquer moins de 1 décès (et même plutôt ½) par an sur une période de 100 ans ?
LA SÉCURITÉ A BORD
Il faut savoir que la sécurité à bord d’un paquebot de croisière est un élément capital. Et ce, pour plusieurs raisons :
1. La conception des navires et le développement d’instruments de navigation de plus en plus performants.
Construction de la coque par l’assemblage de caissons, indépendants l’un de l’autre, et isolables en cas de problème.
En pleine mer, et sans la manœuvre du Commandant visant à se rapprocher du rivage, le Costa Concordai n’aurait probablement pas coulé…
Outre ce type de construction très élaboré, les officiers disposent de nombreux outils de navigation tels que :
a. Le radar qui permet de détecter une canette de Coca-Cola flottant à la surface de l’eau à 1 km devant le navire…
b. Le sonar : permet de détecter un obstacle immergé (iceberg par exemple) sous la ligne de flottaison.
c. Les cartes GPS intégrées avec le détails de tous les hauts fonds ou rochers, sans exception.
2. La prévention anti-incendie
Le feu étant le risque majeur à bord d’un paquebot
• Généralisation des détecteurs de fumée
• Doublés de Sprinklers
• Surveillance automatisée et permanente de l’ensemble du paquebot
3. La formation de plus en plus poussée des équipages tant en matière de prévention qu’en matière d’intervention.
Les équipages, et quelle que soit leur fonction à bord, subissent des entraînements extrêmement poussés, de nature à créer des automatismes et à pouvoir réagir à n’importe quelle situation imprévue.
Des entraînements ont lieu, chaque semaine, et ce qu’elles que soient les circonstances.
Des contrôles sévères sont en outre organisés par les autorités de tutelle, accordant la certification aux paquebots, et à leurs équipages.
En outre, un exercice de sécurité et d’abandon est organisé sur chaque navire de croisière, dans les 24 heures suivant l’embarquement des passagers. Chacun a ainsi l’occasion de se familiariser avec les lieux et les procédures à suivre en cas de danger.
4. Chaloupes et gilets de sauvetage
Contrairement à ce que certains voudraient faire croire, chaque navire dispose d’une capacité d’évacuation (chaloupes et radeaux) équivalente à la totalité de ses passagers (clients + équipage).
Des exercices de mise à l’eau de ces chaloupes sont régulièrement effectués et les radeaux de survie (qui sont ensuite tirés par les chaloupes) sont vérifiés également.
Chaloupes et radeaux sont en outre toujours pourvus de réserves de nourriture et d’eau.
Il est également faux de dire que certains passagers ne disposent pas d’un gilet de sauvetage. Chaque passager dispose d’un gilet de sauvetage, mis à sa disposition dans sa cabine. Il y a, dans chaque cabine, autant de gilets de sauvetage que de lits. IL est bien entendu toujours possible que certains passagers, en dépit des consignes données par les officiers, n’aient pas immédiatement pris la mesure du danger et n’aient pas jugé bon de se rendre immédiatement dans leur cabine pour y enfiler leur gilet de sauvetage !
En conclusion, et avant donc de savoir ce qui s’est réellement passé à bord du Costa Concordia, nous vous conseillons de garder la tête froide, de ne pas accorder trop d’attention aux articles racoleurs qui vont fleurir dans la presse de ce matin, de ne surtout pas paniquer et de ne pas gamberger…. Oui, les accidents arrivent parfois, et Non, la vie n’est jamais exempte de risques….
Mais, ces risques, il convient de les minimiser et de bien les gérer lorsqu'ils surviennent.
L’aspect humain est le seul qui ne puisse être totalement maîtrisé. On peut former autant d'hommes et de femmes que possible, on ne sera jamais à l’abri de certaines défaillances. Si des fautes ont été commises à bord du Costa Concordia, c’est très regrettable, et l’enquête le déterminera avec certitude. Mais ce n’est pas une raison pour s’affoler, paniquer… et jeter le bébé avec l’eau du bain…
Les vacances en bateau (de croisière) sont et restent, la façon la plus sûre de passer ses vacances.
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