Agence de voyages

Concurrence déloyale des fournisseurs: nouveaux exemples

24 février 2010

Tout le monde fait n’importe quoi et des autorités défaillantes

 

Il ne se passe un jour sans qu’on ne reçoive des mails de plus en plus courroucés de la part des agences de voyages. En une phrase, le résumé : nos fournisseurs font de la vente directe ou nous piquent nos clients.

 

La vente directe

 

Passons sur les compagnies aériennes qui, couvertes indirectement par les autorités et les ministres du tourisme, pratiquent allégrement une concurrence déloyale envers les intermédiaires du voyage. Nous allons même plus loin en disant que toutes les compagnies opérant en Belgique pratiquent de la sorte.

 

Il suffit d’aller sur les sites Internet de Ryanair, de Brussels Airlines, de Jetairfly ou de Thomas Cook Airlines pour constater qu’en plus des vols, la majorité de ces sites proposent des réservations hôtelières, des assurances, des locations de voiture, etc. …

 

Pourtant, la loi est formelle, dès qu’il existe deux des trois fonctions dans le tourisme, la possession d’une licence est obligatoire et donc l’assurance contre l’insolvabilité

 

Nous allons même plus loin. On peut les considérer comme organisatrices de voyages car effectuant en quelque sorte du dynamic packaging. Ce faisant, elles sont donc responsables des voyages achetés. Or notre courrier des lecteurs nous montre que les compagnies aériennes se préoccupent des problèmes de surbooking que peuvent rencontrer leurs clients comme de leur première culotte.

 

A croire certaines, les réservations hôtelières effectuées via leur site sont des services gratuits à leur clients (si si cela nous a été dit un jour)

 

La réponse des autorités est des plus étrange. Non, les compagnies ne doivent pas disposer d’une licence et donc être assurées, car les payements des prestations s’effectuent chaque fois sur un compte différent.

 

Quant aux ministères, autant dire qu’ils pratiquent l’art de faire  l’autruche avec délectation. Par exemple, à la Région Wallonne, le cabinet ministériel et son attaché de presse préfèrent ne pas nous lire. Une manière aisée pour pouvoir dire, si un pépin arrivait : « Nous n’étions pas au courant qu’il existait un problème de licence avec les airlines ».

 

Les AGV ont aussi à lutter contre leurs propres fournisseurs

 

De plus en plus de TO et/ou compagnies maritimes ne respectent en rien le travail des forces de vente indépendantes (les agences de voyages). C’est sans le moindre scrupule qu’ils adressent des offres promotionnelles en direct aux passagers en utilisant les fichiers des clients des AGV et en refusant de les rémunérer pour le chiffre d’affaires généré par ces actions de vente directe.

 

Deux exemples récents :

 

1. La Compagnie du Ponant : qui n’est certes pas novice en matière de ventes en direct, mais qui, cette fois, va encore un peu plus loin avec un courrier adressé en direct à tous les passagers ayant navigué au moins une fois à bord d’un de leurs bateaux…

Reprenant les adresses des clients venant d’une AGV, l’armateur pour proposer de réserver en direct 2 croisières : « pour plus d’informations sur ces offres privilèges, nous vous invitons à contacter notre équipe commerciale, ou nos conseillers croisières au 0821030 30 40 » et c’est signé par le Directeur Général himself…

2. Orient-Express : qui, à notre connaissance, tente le coup pour la 1re fois et propose à nos clients « Pour effectuer une réservation, nous vous invitons à contacter nos conseillers voyages au 0800 913 079 ou par courielle (sic) à l’adresse suivante… »

Ce qui est choquant c’est que…

 

-  Les compagnies ou les TO collectent les informations relatives aux clients des AGV par le biais, par exemple, de questionnaires d’évaluation, de demandes d’information etc….

- Puis les utilisent ensuite, non pas pour simplement informer le passager (un simple envoi de brochure avec renvoi sur son agence de voyages comme le fait Costa…), mais pour lui proposer une réservation en direct !

Comment peut-on qualifier de telles pratiques ?

 

Jusqu’à présent, seuls CroisiEurope et le Club Med pratiquaient de manière permanente ce jeu de dupes sur le marché belge. Mais, aujourd’hui, d’autres commencent à s’y mettre.

 

Pour les agences de voyages, l’une des seules solutions serait de commencer à s’organiser et à choisir leurs partenaires sur des critères plus concrets… et peut être forcer certains de leurs fournisseurs à se déterminer clairement quant à leur position en matière de ventes en direct !

 

Mais avec le risque que si ces organisations prennent de l’ampleur, que les TO refusent leur accréditation ou de leur permettre de vendre encore leurs produits.

 

Et comme nous l’avons vu plus haut, les différents ministres en charge du tourisme, des affaires économiques et de la protection des consommateurs ne lèveront pas le petit doigt pour faire respecter les lois et les règlements.

 

« Parce que nous n’étions pas au courant du problème » sera leurs réponses.

 

 

 

Michel Ghesquière

23 02 2010 

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