Grande Bretagne
*2012 année touristique en Grande-Bretagne : ouvrez votre porte-monnaies
02 janvier 2012
Trois évènements supposés majeurs sont d’ores et déjà annoncés pour 2012, dont deux en Grande-Bretagne et le troisième on ne sait pas où et ça n’a de toute façon pas d’importance. En juin on célèbre le 60e anniversaire du couronnement de la Reine Elisabeth II d’Angleterre (pendant 4 jours à partir du 2 juin) et – surtout – au mois d’août- on assistera aux Jeux Olympiques de Londres (27 juillet au 12 août).
Le troisième « événement programmé » est un non événement fantasmatique qui est bien sûr un « non-sense » sur le plan touristique : la fin du monde qui devrait avoir lieu le 21 décembre 2012…
En 2012, Londres sera la destination la plus chère au monde
Quoi qu’il en soit, le Royaume-Uni semble devoir être à la fête en cet an de grâce 2012 et devrait donc être tout miel pour les tour-opérateurs spécialisés sur la Grande-Bretagne. Des T.O. qui, même appuyés par les offices de tourisme « Visit Britain », auront fort à faire pour vendre cette année à leur clientèle touristique la destination la plus chère au monde.
Eh oui, et ce n’est pas nous qui le disons mais le correspondant à Londres - quelqu’un qui n’est certes pas sans le sou – du journal Le Monde : la vie à Londres est devenu si chère que désormais même prendre le métro est devenu l’apanage d’une classe privilégiée.
Un vrai luxe quoi : ainsi, acheter un ticket du London Tube (le métro londonien) revient, pour un trajet unique, à … quatre livres sterling (soit 4,8 euros), autant dire le quasi équivalent du prix du taxi. Certes il vous en coûtera moins cher si vous utilisez la carte magnétique « Oyster » (un pass du genre Mobib) ou si vous utilisez l’autobus (beaucoup plus lent que l’Underground). C’est au point qu’il n’y a plus guère que 22 pc d’usagers londoniens de conditions modeste à utiliser ce mode de déplacement
Ceci n’est qu’un exemple de la cherté du coût de la vie à Londres, car tout y est l’avenant (sauf les musées dont l’accès reste gratuit en de nombreux endroits) : hôtels, restaurant, taxis, magasins d’alimentation et de textile, loyers, formalités diverses.
Au cours des trois dernières années le pouvoir d’achat des Londoniens a baissé en moyenne de 7 pc et il continuera de baisser, toutes choses restant égales, à ce rythme jusqu’en 2015. Mais, justement, les choses ne resteront pas égales en 2012 et l’annonce des deux événements majeurs cités, jubilé royal et J.O, a déjà fait monter les prix en flèche.
La question à cent sous : est-ce que les touristes viendront ?
C’est au point qu’à Visit Britain on craint qu’ils ne produisent l’effet inverse à celui recherché : que les touristes délaissent la région de Londres et de ses « suburbs ». En tous cas, l’impact négatif que les JO devraient avoir sur le tourisme a déjà été calculé par le bureau d’études Oxford Economics : 375 millions de livres pour Londres et 258 millions pour l’Angleterre.
Bien sûr, ces chiffres devraient être largement compensés par l’impact positif des jeux : 1,85 milliard de livres pour Londres et sa région.
Mais les faits sont là : l’hébergement en hôtel hauts de gamme qui atteignait déjà en 2011 des sommets à Londres (3 à 500 euros la nuitée double) voit ses tarifs carrément quintupler, autrement dit être insupportables pour la majorité des supporters qui ne sont pas des résidents londoniens.
On sait que 40 pc de la capacité des hôtels ultra-chers sont déjà attribués, à l’heure qu’il est, en raison des besoins du Comité olympique international (hébergement des athlètes, de leurs équipes, sponsors), mais qui pourra se payer les 60 pc de capacité restants ?
En tous cas, le flux des réservations s’en ressent : la baisse des réservations atteindra pas moins de 95 pc pendant la période des jeux pour l’ensemble du pays, selon la Fédération européenne des associations de tour-opérateurs.
Il est vrai qu’entre l’annonce de l’attribution des jeux à Londres avant 2008 (année de la première crise financière) et la période actuelle, la crise est doublement passée par là. Et si cette évolution se confirme et qu’on ne remplit par exemple les hôtels londoniens qu’à raison de 25.000 clients étrangers (comme ce fut le cas lors des jeux d’Athènes en 2004), le bilan négatif des jeux pour Londres ne se limiterait pas l’estimation d’un demi-milliard de livres sterling mais atteindrait… 3 à 4 milliards d’euros.
Certes, les réservations pourraient remonter en flèche après la période des jeux, à la fois parce qu’on n’aura parlé que de Londres pendant tous les mois de juin, juillet et août (jubilé royal et jeux) et parce que la surcapacité hôtelière réapparaîtra à l’issue des jeux, puisque à ce moment il faudra remplir les hôtels « à tout prix ».
Pendant les jeux, pas de dépenses somptueuses
Pendant les jeux eux-mêmes, les visiteurs étrangers, qui sont des supporters et rien de plus, ne se mueront pas massivement en acheteurs de biens de luxe (comme c’est le cas par exemple pour une exposition universelle) et se limiteront aux besoins essentiels : se sustenter, se déplacer, se loger, participer à un discret sight-seeing.
Et cette perspective ne préoccupe pas seulement les offices de tourisme mais également les opérateurs aériens, la direction d’Eurostar et les transports par autocar (qui continuent d’offrir les déplacements les moins chers vers Londres depuis la France et le Benelux).
Au point que certains envisagent des aller-retour dans la journée vers la cité des jeux olympiques : cela permettrait à des supporters d’assister par exemple à deux compétitions par jour, à condition qu’elles aient lieu aux bonnes heures de la journée, et d’éviter ainsi le prix prohibitif de l’hébergement.
Pour certains, faire trois ou quatre aller-retour en car reviendrait moins cher qu’un séjour de quatre nuits à l’hôtel.
En revanche, pour les quatre jours du jubilé royal d’Elisabeth II, rien ne remplacera un séjour sur place pendant la durée des festivités…sauf, of course, si l’on préfère suivre les manifestations derrière le petit écran.
Le sauvetage du désastre financier : la fin du monde de décembre 2012
Quant à ceux qui croiraient à ce mythique « the apocalypse now in december », ils seraient sans doute les seuls à vouloir dépenser une petite fortune (éventuellement acquise à crédit) pour assister aux événements londoniens de l’été 2012 !
Camille Vermont
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